Les instances du MR contre-attaquent: au moins 45 personnalités disent soutenir Charles Michel

epa

Peut-on déjà parler de MR gate? Ce matin dans les colonnes du Soir, un groupe de six, ministre, ex-ministre et députés disait vouloir écarter le Charles Michel de sa fonction de président de parti. Par communiqué, le MR répond et nomme ses soutiens.

“Nous, ministres, présidente d’assemblées parlementaires, chefs de groupe et administrateur délégué du Centre Jean Gol du Mouvement Réformateur, rappelons que le MR est pleinement mobilisé dans l’unité et la sérénité pour l’avenir de notre pays, de nos régions et de l’espace francophone”: voilà le message qu’à voulu apporter le MR suite à la sortie d’un groupe de six personnalités libérales ce matin.

Le parti regrette “les expressions anonymes qui vont frontalement à l’encontre des valeurs libérales de liberté et de responsabilité” et rappelle que Charles Michel a pu bénéficier du soutien unanime des membres du parti pour reprendre la présidence du MR à Olivier Chastel. C’était en février dernier.

45 signataires figurent en bas du communiqué: Olivier Chastel, Frédérique Ries, Daniel Bacquelaine, Emmanuel Burton, David Clarinval, Michel De Maegd, Denis Ducarme, Philippe Goffin, Kattrin Jadin, Marie Christine Marghem, Benoît Piedboeuf, Florence Reuter, Didier Reynders, Caroline Taquin, Sophie Wilmès, Georges-Louis Bouchez, Latifa Ait-Balaa, Clémentine Barzin, Alexia Bertrand, Dominique Dufourny, David Leisterh, Françoise Schepmans, Viviane Teitelbaum, Gaëtan Van Goidsenhoven, François Bellot, Willy Borsus, Frédéric Botin, Caroline Cassart-Mailleux, Jean-Luc Crucke, Valérie De Bue, Philippe Dodrimont, Manu Douette, Véronique Durenne, Jacqueline Galant, Pierre-Yves Jeholet, Sabine Laruelle, Françoise Mathieux, Christine Mauel, Diana Nikolic, Rachel Sobry, Nicolas Tzanetatos, Jean-Paul Wahl, Richard Miller, Louis Michel, Gérard Deprez, Gregor Freches, Isabelle Weykmans.

Par élimination…

Qui sont donc les traîtres au sein du MR? C’est la question que tous les journalistes se posent depuis ce matin. On remarquera d’emblée que tous les ministres libéraux figurent en dessous du communiqué. Or l’article du Soir suggère qu’il y a un ministre parmi les 6 frondeurs. L’un d’entre eux ne jouerait donc pas franc-jeu.

Autre absence notable: Christine Defraigne (MR), l’ancienne présidente du Sénat. Mais il était déjà clair depuis ce matin qu’elle en faisait partie. Elle n’a jamais vraiment caché son mécontentement face au virage à droite que prenait le MR. On notera a contrario la présence de Didier Reynders, éternel rival politique de Charles Michel.

Deux suspects se défendent

Christine Defraigne et Jean-Luc Crucke étaient en haut de la liste des suspects. Concernant le deuxième, sa proximité avec Ecolo et ses positions sur les sujets environnementaux, créant des tensions avec Charles Michel, le placent comme le suspect idéal. Mais le ministre wallon de l’Energie s’est déjà défendu dans la DH: “Ce n’est absolument pas moi qui suis derrière cette sortie. Je n’apprécie d’ailleurs pas du tout la manière de procéder, via l’anonymat. Je n’ai rien à voir avec cela. Ce genre de choses ne devrait jamais se produire au MR.” Il estime d’ailleurs la priorité n’est pas le Mouvement Réformateur mais bien la création d’un gouvernement “pour trouver de la stabilité”.

Même son de cloche du côté de Christine Defraigne: “Ce n’est pas moi” déclare-t-elle, “J’ai toujours défendu mes valeurs à visage découvert. J’ai pris des risques pour le faire. J’ai d’ailleurs dîné avec Charles Michel mardi passé. J’ai vidé mon sac, on s’est exprimé tous les deux. Humainement, cela a fait du bien. Je ne suis pas à l’origine de tout ça” ajoute-t-elle finalement.

L’enquête se poursuit, même si certains mentent forcément. Après coup, ce coup de pied dans la fourmilière semble plutôt avoir fait resserrer les rangs. A l’image de la déclaration de Boris Dilliès, bourgmestre d’Uccle, pour qui cette démarche est un “mauvais procès” à l’encontre de Charles Michel.

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