Les Britanniques obtiennent un délai de 6 mois pour le Brexit et devront organiser des élections européennes… pour rien

Les Britanniques obtiennent un délai de 6 mois pour le Brexit et devront organiser des élections européennes… pour rien

L’Europe a une nouvelle fois offert une chance aux Britanniques: ils ont obtenu un nouveau délai de 6 mois. Sans ce délai, le Royaume-Uni aurait du quitter l’Europe à la dure, sans accord. Désormais, les Anglais ont jusqu’au 31 octobre pour trouver un accord de sortie avec l’Union Européenne et ensuite l’approuver au Parlement. Ce qui inclut que le pays va devoir organiser des élections européennes en mai…pour rien du tout. 

Certains voulaient un report court comme Emmanuel Macron, d’autres en voulaient un plus long à l’image de Donald Tusk. Finalement, un compromis a été trouvé peu avant minuit ce mercredi sur le report du Brexit. Finalement, les Britanniques ont jusqu’au 31 octobre pour organiser leur sortie de l’Union européenne, avec une évaluation de leurs avancées à la fin du mois de juin.

Mais la conséquence la plus importante est que le Royaume-Uni va devoir organiser des élections européennes en mai prochain. Theresa May a d’ailleurs annoncé que les préparatifs de ces élections avaient déjà commencé, car sans ce scrutin, le Royaume-Uni doit sortir de l’Union sans accord le 1er juin prochain.

73 députés

La Grande-Bretagne compte actuellement 73 députés à Strasbourg. Ce qui était prévu, c’est que 27 sièges soient redistribués parmi les 14 états membres sous-représentés par rapport à leur population. Ainsi la France devrait récupérer cinq sièges supplémentaires. L’Espagne passerait de 54 à 59 sièges, l’Italie de 73 à 76 et les Pays-Bas de 26 à 29.

Les autres pays qui bénéficieraient du Brexit sont la Pologne, la Roumanie, la Suède, l’Autriche, le Danemark, la Slovaquie, la Finlande, la Croatie et l’Estonie qui gagneront chacun un petit siège au Parlement européen. Sur l’ensemble des sièges britanniques, 46 se trouveront en réserve. Ceux-ci peuvent être utilisés en cas de nouvelles adhésions à l’Union européenne, ou peuvent être stockés pour réduire la taille de l’institution.

Le 31 octobre n’est pas une date choisie au hasard. C’est ce jour-là que la nouvelle Commission européenne prendra ses fonctions. Fixer cette date permet d’empêcher que les Britanniques d’avoir un commissaire européen. Parce que, malgré ce report vendu par Tusk & co comme une “dernière chance”, un délai supplémentaire n’est pas exclu. Juste avant la nouvelle échéance, un autre sommet de l’UE est prévu le 17 octobre.

La Grande-Bretagne compte actuellement 73 députés à Strasbourg. Ce qui était prévu, c’est que 27 sièges soient redistribués parmi les 14 états membres sous-représentés par rapport à leur population. 

Ressentiment

La réunion de mercredi, très longue, a été le théâtre d’une petite guéguerre entre le président de la Commission européenne Juncker et le président français Emmanuel Macron. Le Français s’opposait farouchement à un délai plus long, ce qui lui a valu une belle réprimande de la part de Jean-Claude Juncker.

Finalement, Macron a accepté le report, car les Britanniques ont assuré qu’ils ne contrarieraient pas les pays de l’Union en étant une nouvelle fois en retard.

Tusk souligne qu’il n’est pas possible de renégocier l’accord de démission. Une séance d’évaluation suivra en juin, ce qui ne devrait pas être considéré comme une échéance, mais comme une occasion pour voir comment les Britanniques se débrouillent.

Ce report a permis d’éviter un soi-disant «no deal-brexit» (c’est-à-dire un Brexit sans accords appropriés pour orienter le départ de l’UE dans la bonne direction).

“Mal au coeur”

En mai, le Parlement britannique a voté trois fois sur l’accord de sortie de l’Union européenne. Trois essais, trois échecs. Au cours des derniers jours, Theresa May a consulté le plus grand parti d’opposition, le parti travailliste, pour voir si un compromis pouvait être trouvé.

May a déclaré lors d’une conférence de presse qu’elle avait mis sa signature sous l’accord de report avec une douleur au cœur. Elle a encore insisté sur le fait de vouloir quitter l’UE le plus rapidement possible. Si possible avant le 22 mai, afin que le Royaume-Uni ne soit pas tenu de participer aux élections européennes. “Nous devons continuer à travailler dur. Les prochaines semaines ne seront pas faciles.”

Elle a également déclaré qu’elle cherchait toujours un moyen d’obtenir l’accord du Brexit via le parlement britannique. “Je sais qu’il y a beaucoup de frustration à propos du fait que j’ai dû demander ce délai. Je regrette de ne pas avoir réussi à convaincre le Parlement de signer les accords négociés avec l’Union.”

May a déclaré lors d’une conférence de presse qu’elle avait mis sa signature sous l’accord de report avec une douleur au cœur. Elle a encore insisté sur le fait de vouloir quitter l’UE le plus rapidement possible.

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