Les 10 millions de smartphones qui trainent dans nos tiroirs font peser une réelle menace sur l’environnement

(isopix)

La dernière fois que tu as changé de téléphone, tu as peut-être décidé de garder ton vieux smartphone (s’il fonctionnait encore), au cas où tu en aurais un jour besoin. Tu n’es pas le seul: de nombreux Belges font la même chose, et au final, ce sont 9,8 millions de smartphones qui prennent la poussière dans un tiroir. Une véritable menace pour l’environnement.

La société de reconditionnement allemande reBuy a réalisé une étude à travers 24 pays européens (+ les Etats-Unis, le Canada et la Nouvelle-Zélande) afin de connaître le nombre de téléphones portables non-utilisés qui traînent dans les tiroirs de leurs propriétaires. L’étude s’attarde également sur la proportion des smartphones de seconde main utilisés dans chaque pays, ainsi que sur leur taux de recyclage. Elle permet, en fin de compte, de connaître l’impact de ces déchets électroniques sur l’environnement.

La Belgique ne figure pas parmi les plus mauvais élèves. Mais elle ne fait pas non plus partie du gratin mondial du recyclage électronique. Notre pays se distingue d’ailleurs très négativement concernant les smartphones d’occasion. Voici les chiffres à retenir concernant notre pays.

9,8 millions de smartphones oubliés dans un tiroir

D’après les statistiques relevées par reBuy, les Belges possèdent chez eux 9,8 millions de téléphones mobiles qu’ils n’utilisent plus. Cela revient à un ratio de 0.85 smartphone inutilisé par habitant. La Belgique se place 8ème (sur 27) dans ce classement.

Le pire pays en la matière est la Suède. Elle possède un taux de 1.31. Cela signifie qu’il y a, dans le pays scandinave, plus de smartphones inutilisés que d’habitants. C’est aussi le cas, notamment, de la Finlande, de la Lituanie, de l’Estonie et du Royaume-Uni. Ces quatre pays complètent le quintet de tête des mauvais élèves.

Le meilleur pays (et de loin) est la Nouvelle Zélande, avec un taux de 0.54. Le Canada et les Etats-Unis, les deux autres pays non-européens qui ont participé à l’étude, complètent le podium.

Source : reBuy

2. Pire élève en matière de seconde main

L’étude révèle que seulement 26% des smartphones utilisés en Belgique ont été achetés en seconde main. Parmi les 27 pays qui ont participé à l’étude, aucun ne fait pire. Mais la Finlande et les Etats-Unis (27% chacun) font à peine mieux que la Belgique.

On remarque, sans trop de surprise, que les pays les moins développés ont un meilleur taux de smartphones achetés en occasion.

Le leader en la matière est la Lettonie (46%), talonnée par la Hongrie (46% aussi) et la Pologne (45%).

Source : reBuy

En ce qui concerne les téléphones mobiles offerts ou revendus au sein d’un même ménage, la Belgique affiche un taux de 31% et se situe dans le milieu du classement. Le meilleur élève en la matière est le Danemark, où presque la moitié des smartphones sont redistribués au sein d’un même foyer.

3. 336 tonnes de déchets électroniques

D’après reBuy, les 9,8 millions de smartphones qui traînent dans les tiroirs des Belges représentent 336 tonnes de déchets électroniques.

La Belgique se situe dans le ventre mou du tableau, mais la comparaison entre pays s’avère ici très peu pertinente, puisque les ‘pires’ pays en la matière sont, logiquement, ceux qui sont les plus peuplés (Etats-Unis, Royaume-Uni et Allemagne en tête).

Source : reBuy

Il est par contre plus intéressant de se pencher sur le pourcentage des smartphones recyclés (envoyés dans un centre de recyclage électronique) ou réutilisés (retournés aux vendeurs) chez nous. Notre pays n’atteint que 73%, ce qui le place dans les cinq plus mauvais élèves de l’étude.

Avec 89% de leurs smartphones recyclés ou réutilisés, le Danemark et l’Espagne figurent tout en haut du classement.

Le total des déchets électroniques générés par les 27 pays est de 23.964 tonnes, ce qui équivaut à plus de 54 Boeing 747-8 (avec une masse maximale au décollage) ou à plus de 138 baleines bleues.

4. 3.335 kilos de produits toxiques dans nos tiroirs

Enfin, et c’est là l’essentiel, reBuy s’est penché sur l’impact environnemental des smartphones qui croupissent dans les tiroirs. En Belgique, ce sont 3.335 kilos de matières toxiques (plomb, arsenic, mercure, etc.) qui s’échapperaient dans le sol si l’ensemble de ces téléphones étaient éliminés de manière inadéquate.

L’étude indique également que 8,9 tonnes de dioxyde de carbone ont été produites afin de fabriquer tous les smartphones inutilisés de Belgique.

Ici aussi, les pays en queue de peloton sont les plus peuplés. Etats-Unis, Allemagne et Royaume-Uni, dans cet ordre, forment le trio de tête des pays dans lesquels les smartphones inutilisés représentent le plus grand danger pour l’environnement.

‘Selon l’OMS, il existe des risques sanitaires importants liés aux fuites de produits chimiques provenant des déchets électroniques. Cela a un impact sur nos sols et donc sur notre alimentation, notre eau potable et notre faune’, alerte Philipp Gattner, le PDG de reBuy.

Que faut-il en conclure ?

Le fait que de nombreuses personnes laissent des smartphones prendre la poussière dans des tiroirs n’est pas nouveau. Mais ReBuy tient à souligner une tendance de plus en plus prégnante. Auparavant, on mettait les smartphones de côté une fois qu’ils ne fonctionnaient plus. Maintenant, on les met dans son tiroir alors qu’ils sont toujours en bon état de marche, simplement afin d’en acheter un neuf, plus performant.

Si cette étude est publiée quelques semaines avant le Black Friday et les fêtes de fin d’année, ce n’est pas un hasard. ReBuy espère ‘éduquer les gens au sujet des déchets électroniques et pousser tout le monde à envisager d’acheter des produits technologiques reconditionnés afin de leur donner une seconde vie’, indique Philipp Gattner, son PDG.

ReBuy invite également les potentiels acheteurs de smartphones neufs à déposer leur ancien dans un centre de recyclage ou à l’envoyer en reconditionnement.

‘La pandémie a amené chacun à être plus attentif à sa propre vie. Avec l’augmentation des pertes d’emplois et à l’approche d’une récession, de nombreuses personnes ont également réexaminé leur relation avec le consumérisme. […] Il est aussi temps de réexaminer notre relation avec le fait d’être « cool » et « à la mode », en se concentrant davantage sur des achats réfléchis, qui tiennent compte non seulement du prix mais aussi de l’impact environnemental de nos décisions d’achat’, a ajouté Philipp Gattner.

Le PDG de reBuy conclut en adressant un message aux plus jeunes, qui sont à la fois de grands consommateurs de technologique et à la fois sensibles à leur environnement. ‘Il est important pour nous de souligner les conséquences négatives d’une élimination inadéquate des téléphones inutilisés afin d’aider à la prise de conscience des jeunes’, a-t-il signalé.

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