Le Vlaams Belang est reçu par le Palais, mais pour l’instant, le roi est coincé entre la N-VA et le PS

Le Vlaams Belang est reçu par le Palais, mais pour l’instant, le roi est coincé entre la N-VA et le PS

Une première depuis longtemps dans notre pays: le Palais a reçu l’extrême droite. Un geste politique surprenant de la part du Roi Philippe qui a déjà eu des déclarations dures contre le Vlaams Belang, le faisant sortir de son devoir de réserve. Il a été difficile à convaincre, mais le roi n’avait pas vraiment le choix. Cette visite, surtout symbolique, ne facilite toutefois pas la tâche du puzzle fédéral. C’est complètement bloqué.

Tom Van Grieken a été reçu par le roi. Le jeune président du Vlaams Belang et le roi dans la même pièce, prenant le café ensemble, ce devait être un moment plutôt étrange. Car les deux hommes n’ont jamais échangé un mot. Même s’ils ont une opinion claire l’un vis à vis de l’autre.

Comme prince, le roi Philippe avait fait une surprenante sortie sur le Vlaams Belang au Dag Allemaal. Il expliquait être l’homme de la situation pour défendre le pays. Van Grieken de son côté ne veut rien d’autre que la fin de la monarchie et de la Belgique. Les présentations sont faites.

“C’était une conversation plaisante et calme”, a réagi Van Grieken à la sortie du Palais. “J’ai répondu aux questions que le roi m’a posées, mais je ne vous en dirai pas plus. Je serai discret comme tous les autres présidents.” Son impression sur le roi? “C’est ce à quoi je m’attendais”, explique-t-il dans des propos rapportés par De Tijd.

Mais le roi avait-il le choix de ne pas inviter le principal gagnant des élections au nord du pays? Sa non-invitation aurait permis au Vlaams Belang de se poser en victime. D’un autre côté, c’est un geste très symbolique: le Palais reconnait l’existence du Vlaams Belang et respecte ses électeurs. Mais ça n’a pas été plus loin pour l’instant. Ce n’est pas nécessaire actuellement, car les autres partis excepté la N-VA, ont réaffirmé leur attachement au cordon sanitaire.

Le roi et son chef de cabinet cherchent des solutions

Il s’agissait donc d’une simple escale pour le roi qui tente de trouver avec son chef de cabinet, Vincent Houssiau, les solutions pour résoudre le puzzle institutionnel. La pression est forte. Des deux côtés de l’échiquier politique. Mais les présidents de parti ont maintenu leur devoir de réserve et laisse l’initiative au roi, respectant la Constitution.

Le roi et son chef de cabinet doivent en fait choisir entre deux solutions impossibles: une approche par la gauche avec le PS ou une approche par la droite avec la N-VA. Mais chacun met ses exclusives. Bart De Wever ne veut pas d’un gouvernement qui mettrait la Flandre en minorité. Il ne veut pas non plus d’Ecolo et du PS, qui le lui rend bien. La situation est bloquée.

epa

Di Rupo sort du bois

En attendant, le premier à tirer, c’est le chef des socialistes. Dès la sortie du Palais, il semblait vouloir prendre l’initiative. Sa déclaration au JT de la RTBF qui expliquait son désir de voir se former une grande coalition sans la N-VA a mis le feu aux poudres, et a été abondamment critiquée par les observateurs et par son principal ennemi. Mais il y a déjà eu un précédent: “l’accord papillon” qui a réuni socialistes, libéraux, chrétiens-démocrates et écologistes pour entamer la 6e réforme de l’Etat. C’était en 2011.

Mais pour beaucoup, c’est le pire scénario. L’Open VLD l’a déclaré ce matin sur Radio 1 via Bart Tommelein: “No Way !”. Parce qu’une telle coalition n’a pas de majorité en Flandre, et c’est un problème selon le libéral qui a un passé de nationaliste flamand. La présidente Gwendolyn Rutten l’a immédiatement repris: “Si nous voulons un pays qui fonctionne, nous devons parler maintenant discrètement. Je ne parlerai pas de coalitions”, a-t-elle déclaré en entrant dans le Parlement flamand ce mercredi. Elle doit y rencontrer un certain Bart De Wever, pour des négociations, au nord du pays cette fois.

Mais la réalité est là, et ce n’est qu’une question de temps avant d’aborder le sujet. L’Open VLD et le CD&V vont-ils rejoindre une coalition de partis plus à gauche? Un choix très compliqué: entre leur volonté de faire tourner le pays et la peur de se prendre une claque monumentale dans cinq ans.

Mais c’est au roi de jouer le premier coup. Va-t-il donner la main au PS ou à la N-VA? La N-VA en tant que premier parti part favori. S’il échoue, la place devrait être laissée à Di Rupo. Reste à nous tous à s’armer de patience.

epa

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