Le Samusocial 2.0 est sur les rails: voici ce qui va être mis en place pour éviter un nouveau scandale

Le Samusocial 2.0 est sur les rails: voici ce qui va être mis en place pour éviter un nouveau scandale

Nouveau conseil d’administration, Pascale Peraïta aux oubliettes, le Samusocial peut entamer sa reconstruction. D’autant que les travaux parlementaires touchent à leur fin. Les députés bruxellois ont examiné de fond en comble l’ASBL. Conclusion: il faut en finir avec la rivalité entre la Ville de Bruxelles et la Région bruxelloise pour un meilleur contrôle. Mais surtout, il faut redonner la priorité aux plus démunis et en toute transparence.

La journaliste du Soir Ann-Charlotte Berpispont a suivi l’ensemble des travaux parlementaires sur le Samusocial. Entamés le 27 juin dernier, ils doivent se conclure dans les prochains jours. Mais on en sait déjà beaucoup plus sur les causes qui ont mené à un tel fiasco.

Si le Samusocial et ses deux administrateurs principaux, Yvan Mayeur et Pascale Peraïta, ont pu agir en toute opacité, c’est surtout dû à un manque de contrôle ou à des contrôles rendus impossibles. En effet, la Ville de Bruxelles, dont dépend l’Asbl, et la Région bruxelloise ont de tout temps nourri une grande rivalité. Une rivalité parfaitement exprimée par la ministre actuelle de l’Aide aux personnes, Céline Frémaut (cdH): “Yvan Mayeur m’a dit que la Région ne mettrait jamais un pied au Samusocial.” Elle s’est dit aussi victime de “chantages”.

Mayeur et Peraïta, tout puissants

Pascal Smet, le ministre bruxellois de l’Égalité des chances en 2009, vient lui aussi appuyer cette rivalité durant les auditions: “À la Ville, on dit toutes les semaines que les clettes (sic) de la Région ne doivent pas se mêler de nos affaires”. Le Samusocial fut aussi étroitement lié au CPAS de Bruxelles. Tout ceci a contribué à en faire l’outil exclusif de la Ville.

Pour comprendre cela, il faut revenir aux origines de l’Asbl. Devant les difficultés de créer un outil public global pour toutes les communes (à cause des rivalités), plusieurs élus socialistes, dont Yvan Mayeur, ont pris les devants. L’Asbl est donc devenue une structure privée dans laquelle ses pères fondateurs régnaient en maîtres.

La journaliste du Soir en donne un exemple assez frappant: lorsque les jetons de présence ont été introduits en 2006, Pascale Peraïta utilisait des “post-its” pour indiquer au comptable quelle somme devait être attribuée aux membres du Conseil d’Administration. Avec son comparse Yvan Mayeur, les deux despotes ont pompé deux tiers du budget alloué à ces jetons de présence. Cela représente au total “une centaine de milliers d’euros chacun”. Des réunions dont on a toujours pas la preuve qu’elles aient été vraiment tenues.

Et maintenant?

L’éviction de ces deux fortes personnalités va faire du bien à l’Asbl. D’ailleurs le nouveau CA n’est composé que de personnes issues du secteur de la lutte contre la pauvreté et ils exerceront leurs fonctions de manière bénévole. En tout cas dans un premier temps, histoire de remettre de l’ordre dans les finances du Samusocial.

Autre changement majeur: leurs remplaçants. Philippe Close (PS), nouveau bourgmestre de Bruxelles, et Ahmed El Ktibi (PS), nouveau patron du CPAS, ont plus d’affinités avec la région. Le premier a été chef de groupe du parlement bruxellois pendant des années et le second y siège toujours. Cela devrait permettre d’atténuer les tensions entre la Ville et la Région.

Le renouveau du Samusocial passera aussi par un renforcement des contrôles de la part de la Cocom (organe communautaire qui subsidie principalement l’Asbl) et donc par le renforcement de ces moyens. Si certains veulent carrément supprimer ce niveau de pouvoir, la 6e réforme de l’État a contribué à augmenter son pouvoir d’action. Avant une personne au sein de la Cocom s’occupait de gérer 200 Asbl, note Le Soir, cela doit changer.

Et puis il faut plus de transparence au niveau des rémunérations. Une commission de déontologie va être créée à cette fin. Le but final: ne plus dépasser les 150% des indemnités parlementaires, que ça soit avec une autre fonction publique ou à titre privé.

Enfin, l’Asbl devrait devenir un outil régional. Pour, encore une fois, retirer cette mainmise de la plus grande commune de Bruxelles. Mais certains élus freinent encore des quatre fers: il faut à tout prix éviter que l’Asbl ne devienne un “bazar administrativo-politisé encore plus immense que le Samusocial”. Tout cela fera encore l’objet de vifs débats au Parlement, à n’en pas douter.

Les défis

Il ne faudrait pas oublier non plus que le but du Samusocial est d’aider les gens. Après ces débats d’ordre technique et politique, il faudra du concret. Les dons sont en chute libre et le personnel se remet à peine de ces mois de crise où il a été pris en otage. “Nous sommes en effet passés de près de 33 000 euros mensuels à 21 000 euros mensuels”, explique à la Dernière Heure Christophe Thielens, le porte-parole du Samusocial

Il va falloir redorer le blason de cette Asbl et ne pas l’abandonner dans ses missions. Ça commence d’ailleurs dès maintenant. Le CA et ses travailleurs mettent en place le Plan hiver et ont besoin de vous: ils sont à la recherche de couvertures pour les distribuer dans les rues de Bruxelles.

Samusocial

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