Le “Robin des Bois des pauvres” au pouvoir en Islande? Le Parti Pirate est en tête des sondages

Le “Robin des Bois des pauvres” au pouvoir en Islande? Le Parti Pirate est en tête des sondages

Là, c’est on ne peut plus clair, plus rien ne semble barrer la route au Parti Pirate islandais. Un nouveau sondage d’opinion indique que 22,6% des Islandais voteront pour lui aux élections nationales samedi prochain. Autrement dit, une personne sur cinq! Ce score lui permet, pour l’instant, de devancer tous les autres partis, y compris ceux de la coalition actuellement au pouvoir. 

Non, non, ce n’est pas Jack Sparrow ou Barbe Rouge qui dirigera l’Islande. Le Parti Pirate est, en fait, un mouvement de citoyens présent un peu partout dans le monde. Mais en Islande, il cartonne particulièrement. Le pays organise des élections nationales ce samedi 29 octobre. Et ce parti en sortira presque à coup sûr gagnant.

22,6% des Islandais voteront pour les Pirates. C’est ce qu’indique un récent sondage d’opinion réalisé par l’institut de recherche en science sociale de l’Université d’Islande et rapporté par le site d’information Iceland Monitor. Avec ce score, il devient le premier parti du pays, dépassant de 1,5% le centre-droit sortant, le Parti Indépendance.

Une ascension fulgurante

Ce parti est né en Suède en 2006 d’un mouvement politique qui réclamait une réforme des droits d’auteur et de la propriété intellectuelle online. Et puis il n’a plus fait que grandir partout dans le monde. Pour la petite anecdote, son siège se trouve d’ailleurs chez nous, à Bruxelles.

Aux dernières élections islandaises de 2013, le Parti Pirate a obtenu 5,1% des suffrages. Ce n’est pas encore grand-chose mais cela lui a suffi à désigner trois de ses membres comme députés… et à rentrer dans l’histoire! Parce que l’Islande est le premier pays au monde où les Pirates siègent au parlement.

Par la suite, les Panama Papers sont passés et ont fragilisé la coalition au pouvoir. Le Premier ministre, Sigmundur David Gunnlaugsson, a été forcé de démissionner parce que son nom était cité. Avec le temps et les scandales politiques à répétition, la population islandaise a donc perdu foi en le système politique actuel.

Ni de droite ni de gauche, juste citoyen

La position du Parti Pirate sur l’axe socio-économique est floue. Il est difficile de le positionner à gauche ou à droite. Son programme politique est surtout axé sur les libertés individuelles.

Sur son site internet, il se présente comme le “Robin des Bois des Pauvres”. Il veut plus d’égalité entre les riches et les pauvres… mais surtout entre les décideurs politiques et les citoyens. Il défend la démocratie directe (c’est la société qui décide directement, au contraire de la démocratie représentative), les droits civiques, la transparence et l’accès public à l’information. C’est donc un parti anti-système avec un but clair: rendre la démocratie plus forte et plus citoyenne.

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Une poète, peintre, musicienne comme future Première ministre?

C’est le moins qu’on puisse dire, le leader du Parti Pirate, Birgitta Jonsdottir, est un peu madame tout-le-monde version bohème. Elle n’a pas le profil type du grand politicien mais c’est une battante.

Elle est engagée depuis longtemps dans de multiples causes: des droits d’auteur sur internet au soutien des lanceurs d’alerte de WikiLeaks. En 2008, après la crise financière qui a touché durement l’Islande, elle a mené la “révolution des casseroles”, un mouvement qui a abouti à l’écriture d’une nouvelle Constitution… par les citoyens!

Hacker le système?

Il n’est pas certain que sans la crise économique et financière, sans les Panama Papers, le Parti Pirate n’aurait atteint de pareils scores. Eh oui quand plus rien ne va, les gens ne font plus confiance aux modèles démocratiques actuels.

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Birgitta Jonsdottir l’a d’ailleurs avoué au journal Le Monde: “J’adore les crises: c’est le seul moment où vous pouvez vraiment amorcer de grands changements”.

Sa solution? Hacker le système, tout simplement. Et comment? En redonnant le pouvoir aux citoyens: “Les Pirates promettent aux gens une nouvelle façon de faire de la politique […] avec moins de corruption où les gens peuvent participer d’une manière plus directe”.

Ce nouveau record dans les sondages est donc un message d’espoir pour le parti. Cela signifie que des gens ordinaires sont capables de monter jusqu’au parlement et de changer les lois décidées unilatéralement par un petit groupe de politiciens.

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Sources: Time, Le Monde

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