Le revers de la médaille: l’heure est venue pour Paul Magnette (PS) de se justifier à propos du CETA

Le revers de la médaille: l’heure est venue pour Paul Magnette (PS) de se justifier à propos du CETA

Les Belges ont trouvé un compromis sur le CETA, le traité de libre-échange entre l’Europe et le Canada. Paul Magnette (PS), le ministre-président wallon, a plié. Enfin, aux yeux des autres. Pour lui, il a obtenu des amendements fondamentaux au traité. C’est ce dont il essaye de convaincre le parlement wallon aujourd’hui

La Belgique a enfin accouché d’un accord sur le CETA, le traité de libre-échange entre l’Europe et le Canada hier dans l’après-midi. La fin des ennuis? Pas pour tout le monde. Et surtout pas pour Paul Magnette (PS), le ministre-président wallon. Pour lui, les problèmes ne font que commencer.

En s’érigeant contre le CETA, il est en quelque sorte devenu le héros de tous les anti-CETA. Lui, le Wallon qui s’oppose à la grande Europe. Mais le Wallon a cédé et maintenant vient le temps des justifications. Il faut qu’il explique à tout le monde ce revirement de situation et qu’il convainque du bien-fondé de ce “oui”. Car le texte de base n’a pas été changé, ce que Paul Magnette a obtenu, se sont des amendements.

Clarifications, clarifications

Depuis l’annonce de l’accord sur le CETA, Magnette fait la tournée des médias pour se défendre contre ses détracteurs. Hier, il était sur le plateau de la RTBF pour expliquer l’importance et la force contraignante des amendements qu’il a obtenus.

Il a certifié que le fait que les conflits entre États et multinationales ne seraient pas traités par une cours d’arbitrage privée était totalement nouveau et ne figurait pas dans le texte précédant: “On a obtenu un verrou très fort, il n’y aura jamais d’arbitrage privé. Cela se fera avec des juridictions publiques”. Dans La Libre, il se justifie également concernant les appellations d’origine, un sujet très tendu dans le CETA. De nouveau, il parle de clarifications, pas de changement. C’est bien ce que lui reproche le MR.

Et ce matin, sur Bel RTL, rebelote: il mentionne la clarté des textes: “En lisant certaines dispositions, on peut comprendre que la législation européenne en la matière s’applique… mais l’écrire noir sur blanc en y mettant toute la clarté permet de dissiper tout doute. C’est vrai qu’une partie des choses que nous avons demandées, c’est qu’il y ait des clarifications”.

Un meilleur traité

Et quand la tournée des médias est terminée, c’est avec le Parlement wallon qu’il a rendez-vous. Ce matin vers 11h, le parlement s’est réuni à Namur pour débattre des adaptations qui ont été négociées.

C’est Paul Magnette qui a pris la parole pour ouvrir cette séance et tenter de convaincre les députés des avancées réalisées: “Nous avons un meilleur traité. Il n’est pas parfait, mais c’est un meilleur traité. Un CETA corrigé. Un CETA qui va nous permettre de lier des relations fraternelles avec le peuple canadien et d’entretenir avec eux des relations économiques, commerciales et politiques de plus en plus étroites”. Et c’est non sans une petite fierté qu’il a évoqué la nouvelle “popularité” du Parlement wallon grâce au CETA. “Nous sommes fiers d’êtres Wallons”.

Paul Magnette a donné au Parlement wallon jusqu’à ce soir pour se prononcer concernant le CETA. Le vote devrait avoir lieu vers 15h30 cet après-midi. Tout ça sonne quand même un peu comme un ultimatum…

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