Le retour du bâton: les donateurs se détournent d’Oxfam suite au scandale sexuel qui touche l’ONG

Le retour du bâton: les donateurs se détournent d’Oxfam suite au scandale sexuel qui touche l’ONG

Ce qui devait arriver arriva: les donateurs actifs d’Oxfam tournent de plus en plus le dos à l’ONG. La faute à ce fameux scandale sexuel qui touche actuellement l’organisation non-gouvernementale. Selon la RTBF, 180 donateurs ont mis fin à leurs dons réguliers…

La réputation d’Oxfam est en train de prendre un fameux coup. L’organisation est empêtrée dans un scandale peu reluisant à base de prostituées et cela a irrémédiablement des conséquences sur l’image et sur les finances de l’ONG. En effet, le secrétaire général d’Oxfam-Solidarité Stefaan Declercq a donné quelques chiffres à la RTBF: “Nous avons aujourd’hui 180 donateurs actifs qui ont annoncé vouloir arrêter leur contribution financière à Oxfam” déclare-t-il. À noter qu’il est impossible de mesurer le montant des pertes.

Pour rappel, on apprenait en début de semaine que des employés d’Oxfam ont eu recours à des prostituées lors de missions à Haïti ou au Tchad. Les jeunes filles avaient été invitées à l’hôtel réservé par l’organisation et c’est vite parti en orgie. Depuis, Oxfam a lancé une enquête interne, plusieurs personnes ont été licenciées mais voilà: le mal est fait. Surtout que l’organisation a tenté de dissimuler certains faits depuis des années et évidemment les donateurs se sentent un peu floués.

Problème de pouvoir

Même si des sanctions ont été prises par l’organisation et qu’elle promet de mieux détecter ces problèmes à l’avenir, cela s’annonce compliqué car ce genre de scandale risque d’être de plus en plus fréquent. C’est en tout cas ce que pense Luc Langouche, secrétaire général de la Fédération des associations de coopération au développement.

Pour lui, le pouvoir est le nœud du problème réside dans le pouvoir: “Le problème est celui du pouvoir en lui-même” explique-t-il toujours pour la RTBF “Un pouvoir qui corrompt à tous les niveaux, qui corrompt les personnes et qui fait perdre la tête à un certain nombre de personnes. Et le donateur, qui a beaucoup réfléchi avant de soutenir des actions de solidarité pour moi se reprendra.”

Priorités

Stefaan Declercq envisage donc un plan d’action pour redorer le blason de l’organisation, au moins au niveau belge: “Ce qui est arrivé en Haïti et par la suite est une grave atteinte au nom d’Oxfam, et nous continuerons à juste titre d’en avoir honte des années durant. De toute évidence, les mots ne suffisent pas. Avec les directrices et directeurs internationaux d’Oxfam, j’ai donc adopté un plan d’action qui nous permettra de doubler les effectifs des équipes travaillant à la protection des populations au service desquelles nous œuvrons”, a-t-il fait savoir par communiqué.

Oxfam va aussi mettre en place “des expertes respectées dans la défense des droits des femmes de diriger une commission indépendante qui examinera en profondeur nos opérations et nous dira en quoi nous devons changer notre culture et nos pratiques internes.”

Cette commission “aura notamment un libre accès aux dossiers, au personnel, ainsi qu’aux partenaires et aux communautés locales soutenues par l’organisation. Dans le cadre des travaux de la commission, elle créera un historique aussi complet que possible des affaires de comportements sexuels répréhensibles et d’abus de pouvoir, lequel sera rendu public.”

Oxfam tente de redorer son image. Ses missions restent d’ailleurs essentielles. Mais il y a du pain sur la planche surtout que d’autres révélations pourraient bientôt se faire dans les médias.

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