Le réchauffement climatique pourrait bien nous valoir plus de guerres

Le réchauffement climatique pourrait bien nous valoir plus de guerres

Une nouvelle étude publiée le 12 mai dans la revue scientifique Nature pointe la corrélation entre réchauffement climatique et conflit armé. 

Au fil du temps, le lien entre conflits armés et réchauffement climatique a été contesté et les conclusions ont été multiples. Avec un article publié hier dans la revue scientifique Nature et recueillant le point de vue de 14 experts aux disciplines diverses, le débat est relancé. Pour Jean-François Maystadt, chercheur à l’université d’Anvers, “Dans un scénario avec 4 degrés de réchauffement, l’influence du climat sur les conflits est multipliée par cinq, soit une hausse de 26% du risque d’une augmentation substantielle des conflits”.

Les experts sont en effet tous d’accord pour dire qu’au cours du dernier siècle, la variabilité du climat a affecté les conflits militaires organisés, même si d’autres variables, comme des changements socioéconomiques par exemple, sont bien plus influentes sur le risque de guerres, ainsi qu’on a pu l’observer au fil du temps. Cependant, les changements climatiques ont plus de chances d’aggraver la situation que de l’améliorer.

Une approche transdisciplinaire

Le changement climatique peut lui même toucher la production agricole, l’économie et les inégalités. Pour Maystadt, une nouvelle fois, il est question d’approcher cette question sans la borner à un seul facteur, et la voir comme transdisciplinaire, liées en partie à la sécurité alimentaire, difficile à gérer quand les températures changent et que les récoltes ne sont pas toujours fructueuses.

“Même dans un scénario avec un réchauffement limité à 2 degrés par rapport à l’ère préindustrielle – l’objectif de l’Accord de Paris – l’impact du climat sur les conflits ferait plus que doubler, pour atteindre un pourcentage de risque de 13%.”, ajoute le chercheur anversois. Le climat est bel et bien un facteur de risque. Une conclusion qui est le résultat de 950 pages de restranscriptions d’interviews et deux jours de délibération parmi les chercheurs.

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