Le Parti Populaire, clap de fin?

Le Parti Populaire, clap de fin?

Tout à droite de l’échiquier politique francophone, le Parti Populaire de Mischaël Modrikamen n’a pas réussi son pari. Ses mauvais résultats aux élections lui coûtent ses deux députés. Du coup, des rumeurs font état d’une possible dissolution du parti. Finalement, dans la cacophonie la plus complète, Mischaël Modrikamen a décidé de quitter le PP sans le dissoudre.

« 270.116 fois merci », voilà le nombre de personnes qui a voté pour le Parti Populaire aux dernières élections régionales et fédérales. Une solide base, insuffisante toutefois: le parti de l’omnipotent Mischaël Modrikamen a perdu ses deux députés et pourrait jeter les gants, annonce la RTBF. Le président et ancien avocat devrait l’annoncer tout prochainement sur les réseaux sociaux. Entre-temps, Mischaël Modrikamen vient de démentir la rumeur pour le journal Le Soir.

Des tensions en interne? Un message publié sur l’une des pages Facebook du parti ne laisse que peu de place aux doutes. D’autant que le porte-parole du PP, Nicola Tournay, aurait lui aussi confirmé la dissolution du parti, « par deux fois au téléphone » souligne la RTBF.

Modrikamen quitte le navire

C’est finalement à nos confrères de Sudpresse que Mischaël Modrikamen a lâché le morceau. Le Parti Populaire existe toujours mais se voit privé de son capitaine. L’ancien avocat quitte la présidence du PP et sans doute la politique.

« Je ne veux plus continuer à cautionner cette mascarade démocratique qui nous est infligée et qui n’existe qu’en Wallonie »: l’ancien président du PP fait référence à l’impossibilité pour les parti de droite dure de s’inscrire dans le paysage politique francophone. Un cordon sanitaire leur est appliqué aussi bien politiquement que médiatiquement.

Il dit aussi regretter le choix d’Alain Destexhe de ne pas s’être associé avec lui pour rendre cette force à droite de la droite plus forte.

10 ans de hauts, et surtout de bas

Clap de fin ou pas, le Parti Populaire est né peu après l’affaire Fortis qui a éclaté durant de la crise de 2008. Mischaël Modrikamen fait le pari de s’installer tout à droite du spectre politique. Faut dire que l’extrême droite fait des scores faméliques dans le paysage politique francophone, l’avocat pense pouvoir tirer son épingle du jeu et piquer des voix au MR.

Cette volonté de proposer une autre offre politique va d’abord se traduire par une certaine réussite. En 2010, en s’alliant au trublion Laurent Louis, ce dernier fait son entrée à la Chambre comme député du PP. Mais le Nivellois, qui a défendu à peu près toutes les causes de la planète, non sans une certaine contradiction, est rapidement écarté car incontrôlable. Il accusait notamment Elio Di Rupo d’être à la tête d’un réseau pédophile.

Mais le PP ne s’écroule pas et revient en 2014. Il obtient deux députés, un au fédéral et l’autre au Parlement wallon. Ce dernier, André Pierre Puget, quittera le parti pour siéger comme indépendant suite à un désaccord avec son président.

En mai dernier, Mischaël Modrikamen tente une nouvelle percée sans connaître le succès espéré. 3,7% en Wallonie, 1,44% à Bruxelles et 1,1% au fédéral, d’où les rumeurs d’une possible dissolution. Le PP a été sabordé par le morcellement des partis à droite de la droite et lapidé par la presse, quand elle voulait bien parler de lui.

À l’image des Listes Destexhe, le PP pourrait connaitre une évolution. Le parti du Bruxellois et ancien libéral a lui aussi été annoncé en état de mort cérébral. Piqué au vif, Alain Destexhe avait répliqué sur les réseaux sociaux, expliquant que son parti n’en avait pas terminé malgré les nombreux obstacles qui se sont dressés sur sa route. De là à désormais imaginer une alliance entre les deux partis? Il faudra d’abord recoller les morceaux.

Parti Populaire section de ENGIS

Articles sponsorisés