Le monde ne tourne pas rond: la Hongrie veut proposer des cours de tir aux enfants dans les écoles

Le monde ne tourne pas rond: la Hongrie veut proposer des cours de tir aux enfants dans les écoles

Des ministres du gouvernement hongrois national-conservateur ont débattu d’un projet de loi qui fait déjà polémique dans le pays: proposer un cours de tir et construire des stands de tir dans les écoles. Pour apprendre ce sport “sûr”, à côté des autres cours habituels, selon le communiqué d’une agence de presse de l’État. 

À l’école, entre les leçons de langues, de mathématiques, d’histoire, de géographie et de sport, il manquerait, en Hongrie, un cours important: le tir. Des ministres hongrois ont défendu hier un projet de loi très controversé, qui prévoit de faire construire des stands de tir dans les écoles afin de proposer aux élèves de s’entraîner à utiliser un fusil. Pour eux, c’est un sport comme un autre.

Cette idée farfelue avait déjà été mise sur la table en début d’année par un responsable du gouvernement de Viktor Orbán. La principale raison avancée est que le tir est un moyen efficace d’apprendre aux enfants “la patience, la concentration et la vitesse de mouvements”. De plus, ce sport “sûr” permettrait aux élèves de disposer d’un large éventail de choix à côté “d’autres disciplines olympiques comme le foot, le basket et la natation”, justifie ainsi KLIK, l’agence d’État chargée des établissements scolaires en Hongrie, dans un communiqué relayé par l’AFP.

Par contre, pour rassurer les esprits, le communiqué précise que les écoles qui voudront se doter d’un stand de tir devront “se conformer à toutes les normes de sécurité en vigueur”.

epa

L’opposition totalement contre

Bien sûr l’opposition n’est pas du tout du même avis. Une membre du Parti socialiste, Agnes Kunhalmi, a d’ailleurs réagi très négativement sur RTL Klub, en qualifiant ce projet comme de la “militarisation”. Sur la même chaîne de télévision, Laszlo Mendrey, du syndicat enseignant PDSZ, a jugé lui aussi que “le tir ne devrait pas avoir sa place dans l’enceinte des écoles”, des propos recueillis par l’agence de presse AFP.

Le gouvernement en place, dirigé par le Premier ministre ultra-conservateur Viktor Orbán et son parti Fidesz, n’en est pas à sa première mesure choc. Après ses attaques répétées contre des organisations non gouvernementales (ONG) et les médias, il avait présenté en mars dernier un projet de loi qui pourrait entraîner la fermeture de l’Université d’Europe centrale, l’une des institutions phares du pays. Sans compter les dérives de sa politique migratoire très stricte et ses nombreuses tentatives de nationaliser divers secteurs, l’éducation surtout, afin de mettre la mainmise sur tout le pays.

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