Le mois de mai bat tous les records de taux de CO2, on est maintenant en territoire inconnu

Le mois de mai bat tous les records de taux de CO2, on est maintenant en territoire inconnu

Jamais le taux de CO2 n’avait été aussi haut. Les scientifiques naviguent en mer inconnue, pendant que les gouvernements climatosceptiques se multiplient. Bienvenue en 2019. 

On t’en parlait il y a quelques semaines: le 11 mai, la Terre a connu son plus haut taux de CO2 dans l’atmosphère avec un score de 415,25 ppm. Résultat: le mois de mai a enregistré la plus haute moyenne, avec un taux global de 414,8 particules par million. La Courbe de Keeling, qui enregistre et représente la concentration de dioxyde de carbone dans l’air, ressemble à s’y méprendre à une pente de montagne qui aurait été charcutée à coups de dents-de-scie. Une représentation alarmante pour les chercheurs environnementaux.

Scripps

Un climat stable sans baisse serait impossible

“Il est alarmant de voir que le CO2 atmosphérique continue d’augmenter sans relâche, année après année alors que tous les scénarios qui mènent à un climat stable nécessitent de le faire baisser” a déclaré Sarah Green, chimiste environnementale de la Michigan Technological University.

Un autre professeur, Kris Karnauskas, qui travaille au département des Sciences Atmosphériques et Océaniques de l’Université du Colorado Boulder, a lui aussi confié ses inquiétudes: “quant je pense à la courbe de Keeling, je la vois comme la confirmation la plus importante que le rythme de l’augmentation du CO2 n’est en rien semblable à ce qu’on a pu voir auparavant, et vraisemblablement en rien semblable à ce que la planète a pu connaître durant les derniers millions d’années.”

Nous sommes donc en territoire inconnu, territoire qui a commencé à être défriché il y a presque 70 ans, comme on peut le voir dans ce graphique de la NASA.

Nasa

La situation s’accélère et avec elle la fonte des glaciers, la hausse des températures ainsi que le réchauffement continuel des mers. Des conséquences qui ne sont pas dues uniquement au taux de CO2, mais qui y sont intrinsèquement liées.

Les thématiques climatiques et l’intérêt pour les inquiétudes environnementales ont rarement été aussi médiatisés et au centre de la plupart des débats. Pourtant, que ce soit au Brésil ou aux USA, les gouvernements climatosceptiques ne souhaitent pas adresser ces problématiques, ou les nient en bloc, allant jusqu’à “favoriser” la déforestation ou appeler le gaz naturel “gaz de la liberté”. Interpeller les politiques pour demander de meilleures politiques climatiques, c’est pourtant possible. La Belgique a d’ailleurs lancé hier une consultation en ligne pour préparer son plan climat qui devrait se mettre en marche à partir de décembre.

Reste à savoir si les grandes puissances mondiales entameront la même réflexion, et si elle sera efficace. On a clairement besoin d’efficacité à ce niveau-là.

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