Le gouvernement américain envisage d’autoriser la détention illimitée d’enfants migrants

EPA

Alors qu’en Belgique Theo Francken avait décidé d’autoriser la détention d’enfants migrants dans des centres fermés, les États-Unis poussent le délire encore plus loin. Le gouvernement envisage d’autoriser la détention illimitée d’enfants.

Les États-Unis continuent sur leur lancée en durcissant toujours plus les lois concernants l’immigration clandestine. Ce mercredi, le gouvernement de Donald Trump a annoncé vouloir s’affranchir de toutes limites concernant la détention d’enfants migrants. Ainsi, un enfant pourrait être détenu pour une durée tout simplement illimitée.

Actuellement, les autorités fédérales américaines ne peuvent détenir un enfant plus de 20 jours. La nouvelle règle permettra donc de s’affranchir de toutes ces contraintes. De cette manière, le gouvernement américain espère décourager les migrants à traverser la frontière mexicaine.

“Pour protéger ces enfants face aux abus et arrêter le flot illégal de migrants, nous devons mettre un terme à ces vides juridiques”

Donald Trump via un communiqué.

Rassembler parents et enfants

Pour faire passer la pilule plus facilement, les autorités américaines ont expliqué que cette réforme permettrait de ne plus séparer parents et enfants pendant les “formalités migratoires”. “Cette nouvelle règle garantira que les enfants étrangers sont en sécurité et que l’on prend bien soin d’eux en détention” explique ainsi la Maison Blanche.

En fait, les États-Unis appliquent ce qu’on appelle le règle Flores mise en place en 1997. Grâce à cette loi, les autorités se voient forcées de libérer les clandestins et les laisser sur le territoire après la période de 20 jours de détention. Une loi qui permet aux migrants de rester sur le sol américain? Une horreur pour le gouvernement Trump, bien décidé d’en finir.

Surtout que, entre octobre 2018 et juillet 2019, les États-Unis ont vu 475.000 migrants arriver en famille sur le sol américain. Record explosé.

Contre-attaque

Les associations de défense des droits de l’Homme n’ont pas tardé à condamné cette volonté d’abroger la norme Flores. “Il s’agit d’une nouvelle attaque cruelle contre les enfants”, a dénoncé une responsable de l’organisation de défense des libertés ACLU, Madhuri Grewal. “Le gouvernement ne devrait pas emprisonner des enfants et devrait encore moins chercher à mettre plus d’enfants en prison plus longtemps.”

Même son de cloche du côté du clan démocrate qui juge cette décision illégale. “Il n’y a aucune justification à la détention indéfinie des enfants et aucune excuse pour le traumatisme que cette politique va infliger aux familles” estime ainsi le chef du parti démocrate Tom Perez.

Donald Trump persiste donc et signe. C’est déjà lui qui, en 2018, provoquait l’indignation en mettant en place la séparation des familles à la frontière. Il s’agissait, une nouvelle fois, d’une technique de dissuasion des migrants. Depuis, 900 enfants ont été séparés de leurs parents mais vu la grogne des opposants, le président est revenu sur sa décision quelques mois plus tard. Même scénario à venir pour cette nouvelle politique de détention?

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