Le clash Collard VS Cohn-Bendit, représentation du foutoir qu’est ce scrutin européen 

Le clash Collard VS Cohn-Bendit, représentation du foutoir qu’est ce scrutin européen 

Dimanche soir sur le plateau de TF1, Gilbert Collard du Rassemblement National et Daniel Cohn-Bendit, ancien membre des Verts se sont faits remarquer pour leur capacité à s’insulter copieusement. Un clash qui a quelque peu éclipsé les résultats des élections européennes qui marquent une nouvelle fois la montée de l’extrême droite en Europe et surtout en France. 

Ce dimanche soir, le clash entre Gilbert Collard et Daniel Cohn-Bendit a fait les gros titres devenant ainsi une sorte d’arbre cachant la forêt. Même si l’on n’a pas boudé notre plaisir à regarder les deux hommes s’insulter dans les règles de l’art pendant que le charisme inexistant de Gilles Bouleau ne parvenait pas à rétablir le calme.

Ce clash, bien que distrayant, résume à lui seul le sentiment général après ces élections européennes: la frustration, la stupeur et le foutoir. Car que l’on ne s’y trompe pas: l’extrême droite a clairement dominé le scrutin chez nos voisins français. Pour rappel, la liste emmenée par Marine Le Pen a récolté 23,3% des voix tandis que la République en Marche et le MoDEM n’ont pas pu faire mieux que 22,4%. Les Verts, eux, réalisent une belle percée en récoltant 13,5% des voix, permettant au groupe européen écologiste de largement se renforcer. Mais malgré ça, la montée de l’extrême droite est plus que jamais inquiétante sur le vieux continent.

De la France à l’Italie en passant par le Royaume-Uni…Et la Belgique

Un jour après le scrutin, on peut enfin observer les résultats à tête reposée et comme prévu ils sont plutôt inquiétants. Si l’extrême droite opère de fameuses percées un peu partout, c’est surtout dans les grands pays qu’elle score le plus.

Outre la France, l’exemple le plus marquant est celui du Royaume-Uni où le party de Nigel Farage, le Brexit Party, est très loin devant avec 31,7% des voix, écrasant ainsi le parti conservateur de Theresa May qui devient la 5ème force politique du pays. Cependant, ce scrutin britannique n’aura que très peu d’incidence sur le parlement européen puisque si tout va bien, le Royaume-Uni sortira de l’Europe en octobre.

Désormais, quand on parle de Marine Le Pen, le nom de Matteo Salvini n’est jamais bien long à débarquer dans la conversation. Ces deux figures politiques sont très proches et le seront encore plus après ce scrutin puisque leur groupe commun à l’Europe est largement renforcé grâce à Marine Le Pen mais aussi grâce à l’Italien. En effet, le leader de La Ligue du Nord signe un très bon score de 33,6%, confirmant un peu plus son emprise sur le gouvernement italien.

Enfin en Belgique, le Vlaams Belang a confirmé ses résultats aux élections législatives en devenant la deuxième force politique du pays au niveau européen grâce à ses 11,5%.

L’extrême-droite incontournable

Et même dans les pays où l’extrême-droite n’est pas en tête, elle réalise une très nette progression. C’est par exemple le cas en Suède où le parti anti-immigration et nationaliste arrive à la troisième place avec 15,4% contre 9,6% en 2014. C’est tout de même une petite défaite puisque les sondages prévoyaient un score bien plus élevé dépassant la barre des 20%.

On peut également citer la Slovaquie, l’Estonie et même la Finlande. Dans ces trois pays, l’extrême-droite est en nette progression sans pour autant devenir le premier parti mais tout de même: cela contribue à l’expansion du groupe Europe des nations et des libertés, où siège d’ailleurs le Vlaams Belgang, qui obtient désormais 57 sièges au Parlement. C’est la deuxième meilleure progression, juste devant les Verts qui obtiennent 18 sièges en plus et devant la famille libérale qui obtient 34 sièges supplémentaire. Les écologistes peuvent remercier les Allemands mais aussi les Français qui ont fortement contribué à cette belle percée.

Un nouveau parlement fragmenté

Les cartes sont clairement redistribuées au parlement européen puisque les grandes familles politiques qui formaient la majorité ont toutes perdu des sièges, que ce soit l’Alliance des conservateur ou le Parti populaire européen (PPE). Il leur faudra donc s’allier à un autre parti pour former une nouvelle majorité.

Mais d’un autre côté, on a cette montée de l’extrême droite, des Verts et des libéraux. On est donc face à un parlement qui apparait très fragmenté et où il sera compliqué de former une majorité stable et forte. On pourrait éventuellement voir une nouvelle coalition formée des Socialistes, du Parti Populaire et pourquoi pas des Verts et/ou des libéraux.

En conclusion, comme en Belgique, les négociations risquent d’être compliquées au niveau Européen. En effet, on observe comme chez nous une scission entre le nord et le sud du continent. Au nord, on observe une tendance écologiste marquée (Allemagne, Finlande, Irlande, Lituanie) tandis qu’au sud, c’est bien la droite et l’extrême droite qui montent. Pour l’instant c’est encore un peu le foutoir mais tout cela devrait prendre formes dans les prochains jours et semaines.

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