Les Républicains pensent connaître la cause des deux tueries aux Etats-Unis: les jeux vidéo

epa

El Paso et Dayton, deux tueries de masse en moins de 24 heures, et ce dans deux États différents: le Texas (3 août) et l’Ohio (4 août). Le bilan est passé à presque 30 morts. Du côté républicain, on invente n’importe quoi pour faire détourner le regard des vrais enjeux: le terrorisme suprémaciste et le regain de violence et de haine. Trump est accusé par ses opposants d’y avoir joué un rôle.

“La haine n’a pas sa place aux États-Unis”, telle fut la première réaction post-twitter du président américain. En pleine période électorale, Donald Trump aurait sans doute voulu éviter un nouveau débat sur la vente d’armes aux États-Unis ou ses accommodements avec l’ultra-droite américaine.

Car oui, les deux tueries portent la marque des suprémacistes blancs, soupçonnés d’avoir voté en masse pour le milliardaire en 2016. El Paso est une ville à forte population hispanique. À Dayton, six des neuf victimes étaient noires. Trump est accusé d’attiser la haine entre les communautés. Il est vrai que le président américain n’a de cesse d’utiliser l’immigration illégale comme argument pour installer un climat de peur.

Terrorisme blanc? Non, ce sont les jeux vidéo

Mais du côté républicain, on tente bien sûr d’éviter les polémiques. Sur Fox News, le chef des républicains Kevin McCarthy voit dans les jeux vidéo un facteur déterminant dans les tueries de masse: “Les jeux vidéo déshumanisent les individus (…). J’ai toujours pensé que c’était un problème pour les générations futures. Nous avons déjà vu des études qui prouvent ce qu’ils (les jeux vidéo) provoquent aux individus. Lorsque vous regardez les photos et la manière dont cela s’est passé, vous pouvez voir ce même genre d’actions dans les jeux vidéo”, réagissait-il après la tuerie d’El Paso.

Le gouverneur adjoint républicain du Texas, Dan Patrick, abondait dans le même sens, toujours sur Fox News: “Combien de temps encore allons-nous ignorer – au niveau fédéral en particulier – que nous devons faire quelque chose concernant l’industrie du jeu vidéo. Dans le manifeste qui appartiendrait au tueur, il parle de son fantasme de vivre comme le super soldat de Call of Duty.” Ce républicain n’est pas censé ignorer que le tueur en question a posté une photo sur laquelle il est écrit “Trump” à l’aide de fusils en tous genres.

Trump sous le feu des critiques

Du côté démocrate, on pointe bien sûr la responsabilité de Donald Trump, accusé d’attiser la haine. De Beto O’Rourke à Alexandria Ocasio-Cortez, les démocrates fustigent le vocabulaire du président américain et les thèmes qu’il met en avant durant sa première campagne et celle pour 2020. À titre d’exemple, le président américain aurait publié sur Facebook plus de 2.000 posts sponsorisés qui contenaient le mot “invasion” pour dénoncer les prétendues vagues de clandestins provenant des pays d’Amérique centrale principalement. Tout récemment, le président américain était aussi entré en conflit avec quatre élues démocrates de couleur, leur suggérant de rentrer dans leur pays si elles n’étaient pas contentes de vivre en Amérique.

Et puis, il y a le problème de l’ultra-droite américaine. Plusieurs voix s’élèvent pour que Trump qualifie les deux attaques de “terrorisme blanc”. Le dossier a été traité comme une affaire terroriste en tout cas par la Justice américaine.

Enfin, il y a l’éternel débat sur la vente légale d’armes à feu aux États-Unis. Rien qu’en 2019, il y aurait eu plus de 250 tueries de masse aux Etats-Unis et plus de 30.000 incidents avec des armes à feu selon le site gunviolencearchive.org. Là encore, Donald Trump, qui est bien sûr un fervent défenseur du 2e amendement de la Constitution, subit beaucoup de critiques. À commencer par Rihanna dont l’influence ne doit pas être sous-estimée: “Il est plus facile d’obtenir un AK-47 qu’un visa”, fustigeait la chanteuse sur Instagram.

Articles sponsorisés