Le cdH va opter pour l’opposition: quelles conséquences?

Le cdH va opter pour l’opposition: quelles conséquences?

C’était dans l’air, c’est maintenant acté. Les humanistes vont faire une cure d’opposition pour les cinq prochaines années. C’est ce qui a été décidé ce mercredi matin lors d’un bureau politique du parti. Les libéraux devraient en profiter.

Le cdH ne rentrera pas dans une coalition, tant au niveau de la Région wallonne, que de la Fédération Wallonie-Bruxelles et du Fédéral. Après quelques tergiversations, les humanistes préfèrent prendre un peu de recul et disent avoir entendu le signal de l’électeur.

Le cdH ne participera donc à aucun gouvernement et fera une cure d’opposition. Le parti perd en effet des électeurs à chaque élection. Certains membres du cdH s’inquiétaient pour la survie à long terme du parti. Les exemples français des Républicains et du Parti socialiste montrent qu’aucun parti n’est éternel.

D’autres pensent néanmoins qu’une cure d’opposition, en tant que parti centriste, est encore pire en termes de visibilité. Les humanistes vont-ils pouvoir se faire entendre avec, sans doute, la gauche radicale à leurs côtés?

Voilà un souci qui concerne principalement Maxime Prévot et ses troupes. Pour le reste, ce choix de l’opposition a des conséquences énormes sur les prochaines coalitions gouvernementales et redonne sans doute de l’espoir à certains.

Région wallonne

Alors que tout portait à croire qu’on filerait rapidement vers une coalition PS/Ecolo/cdH, on a senti assez rapidement que ce ne serait pas aussi simple. Certains pontes du cdH sont montés au front pour défendre la cure d’opposition. Maxime Prévot a d’abord tempéré avant de finalement accepter leur demande.

Conséquence, en cas de tripartite, il faut… un troisième partenaire. Le PTB? Raoul Hedebouw et Peter Mertens se sentent en position de force. La donne n’est pas la même qu’au communal. Le PTB se sent capable de jouer un rôle au sud du pays, mais adopte une ligne assez contraignante en ne voulant faire aucune “compromission” sur son programme.

Raoul Hedebouw semble encore en campagne. Et le PS n’a pas grand-chose à gagner à s’allier avec un parti qui lui pique des électeurs. Un parallèle que l’on peut également faire avec la N-VA vis-à-vis du Vlaams Belang. Comme l’a répété Elio Di Rupo au JT de la RTBF, le président des socialistes veut un “gouvernement le plus progressiste possible” et pas le plus à gauche possible.

Reste alors le MR (DéFI n’a pas réussi son pari en Wallonie). Avec le PS, une simple bipartite suffit. Serait-ce un mauvais signal pour l’électeur? Sans doute. Mais le système politique belge est tel qu’il est: tout est histoire de compromis. Et ce n’est pas la première fois que socialistes et libéraux gouverneraient ensemble.

Le PS pourrait (devrait?) opter pour un autre choix: prendre Ecolo en plus. Pour respecter un peu plus la volonté des électeurs et tempérer les futures critiques. Bref, une formation “arc-en-ciel” PS/Ecolo/MR, même si tout dépendra également des coalitions aux autres niveaux de pouvoir.

Région Bruxelloise

Le choix du cdH de ne pas participer aux futurs exécutifs n’a ici, a priori, pas trop de conséquences. On file tout droit vers une coalition PS/Ecolo/DéFI du côté francophone, même si l’Open VLD, côté flamand, pousse pour intégrer le MR au sein du gouvernement bruxellois.

Tel un puzzle, les négociations seront longues: “Tu me donnes ceci à la Région, je te rends la pareille en Fédération ou au Fédéral”. Wait and see.

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