Le Canada interdit l’exploitation des cétacés, à quand pour la Belgique?         

Le Canada interdit l’exploitation des cétacés, à quand pour la Belgique?         

On va enfin foutre la paix aux orques, dauphins et autres mammifères marins: le Canada vient d’interdire la captivité et l’élevage de cétacés. Le résultat de mois de mobilisation, encouragées par les associations qui défendent la cause animale. Une telle mesure pourrait-elle voir le jour en Belgique? 

Il y a déjà six ans, le documentaire disponible sur Netflix Blackfish secouait internet. Des images d’orques élevées en captivité, devenant agressives et dépressives dans des aquariums minuscules comparé à la taille de ces gigantesques cétacés créaient une prise de conscience chez les adeptes des parcs aquatiques.

#EmptyTheTanks

Depuis, les diverses annonces auguraient un dégoût des spectacles de mammifères marins sautant “joyeusement” dans des cerceaux. En Juillet 2018, l’entreprise américain Seaworld annonçait avoir eu un mois de juillet horrible et ne pas être en mesure de poursuivre leurs plans d’ouverture d’un parc en Chine. Une bonne nouvelle pour les associations de protection des animaux à l’image de PETA ou SeaWorldOfHurt, qui se disaient “pas surpris” d’une telle nouvelle. En même temps, il faut dire que l’agence de voyage Thomas Cook avait retiré toutes les activités impliquant une maltraitance animale de son catalogue. Un coup dur pour SeaWorld.

Plusieurs actions avaient aussi été entreprises: #BoycottSeaWorldDay, #EmptyTheTanks étaient les cris de guerre des manifestants réclamant un meilleur traitement des cétacés en captivité. Aujourd’hui, ces réclamations ont trouvé preneur au Canada qui a décidé de bannir l’élevage et la captivité des cétacés.

Une bonne nouvelle, malgré la non-rétroactivité de la loi: les animaux déjà présents dans les parcs aquatiques le resteront.

Une “victoire historique” pour PETA

Ce projet avait été déposé en 2015 et apportera des modifications dans le code pénal pour pouvoir interdire la captivité et la reproduction forcée des cétacés. Pour tous les resquilleurs qui auraient quand même envie de faire faire des saltos aux dauphins, ils devront affronter une amende de 200 000$.

On va enfin foutre la paix aux orques, dauphins et baleines, comme dans une dizaine d’autres pays. Une nouvelle fois, les associations de protection des animaux accueillent la nouvelle comme une victoire pour la cause animale, et à raison. PETA, dans un de leurs articles, parle d’une “victoire historique” grâce aux nombreux militants: “Le Canada prouve que l’opinion publique s’est détournée du confinement des mammifères marins. Mais il existe encore des maltraitances animales qui tenteront d’exploiter les orques jusqu’au bout. Ensemble, nous pouvons les stopper.”

Et en Belgique?

En Belgique, on en est encore loin. La captivité des animaux est pourtant sujette à débat, comme le titrait 7sur7.be cette année, lorsque Ben Weyts (N-VA), ministre du Bien-être animal, annonçait au Laatste Nieuws son projet de bannir les parcs animaliers: “Nous voulons que la captivité des dauphins cesse. Nous regardons espèce par espèce et nous en sommes aux mammifères marins et aux primates. Les dauphins seront la première espèce à laquelle nous ferons nos adieux en Flandre. Et nous continuerons si nous sommes au prochain gouvernement.”

Une cause rejointe par de multiples scientifiques: “S’il y a bien un animal qui n’a rien à faire en captivité, c’est le dauphin”, annonçait Middas Dekkers, biologiste. “Ils sont enfermés parce que des hippies ont voulu décoder leur langage.”, ajoutait-il. Le Peace And Love a donc ses limites.

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