Le Canada et l’Union européenne nous donnent une deadline: d’ici demain soir, on doit dire quoi pour le CETA

Le Canada et l’Union européenne nous donnent une deadline: d’ici demain soir, on doit dire quoi pour le CETA

L’Union européenne et le Canada mettent la pression: si la Belgique ne prend pas position d’ici lundi soir, demain donc, sur le CETA, le sommet du 27 octobre sera annulé. Et ce traité ne serait donc pas signé. Cet ultimatum a été confirmé par Donald Tusk,le président du Conseil européen.

Il y en a l’un ou l’autre qui doit fameusement avoir la pression du côté de la suédoise: l’Europe a donné à notre gouvernement jusque demain soir pour s’assurer l’accord de la Région wallonne sur le CETA. Faute de quoi, le sommet du 27 octobre où l’accord de libre-échange devrait être signé, sera annulé.

Donald Tusk, à la tête du Conseil de l’Europe compte tailler une bavette avec notre Premier ministre, Charles Michel (MR), ce lundi soir tard. Ils ont déjàparlé dimanche et cet ultimatum a été confirmé par Tusk. Comme ça, Justin Trudeau, le Premier ministre canadien, saura si il doit, oui ou non, réserver ses billets pour le sommet de jeudi.

Exit le CETA?

Si la suédoise ne réussit pas à convaincre le sud du pays, le sommet de jeudi sera annulé. La même source européenne que celle qui a donné l’information à Reuters indique aussi qu’aucune nouvelle date ne serait fixée. Le CETA est-il oublié pour autant? Huuuumm… Cette source dit aussi qu’aucune des deux parties n’avait envie d’abandonner ce traité auquel tant d’années de travail ont été consacrées. Affaire à suivre donc.

Du côté du gouvernement fédéral, c’est le branle-bas de combat du coup: selon Belga, Didier Reynders a annulé son déplacement en Républicain Dominicaine où se tient le sommet Amérique Latine – Union européenne mardi et mercredi. Le ministre des Affaires étrangères (MR) doit se tenir au plus près des négociations pour le CETA.

“Non” d’un côté, ultimatum de l’autre

Depuis deux jours, les discussions sont au point mort. La ministre du Commerce canadienne, Chrystia Freeland était vendredi à Namur pour tenter de convaincre Paul Magnette (PS) de donner son feu vert au traité de libre-échange avec le Canada. Peine perdue. Le ministre-Président de la Région wallonne est arrivé devant son Parlement vers midi vendredi et a déclaré qu’il restait bien trop de zones de flou dans le traité, entre autres au niveau de l’arbitrage. La ministre canadienne, au bout du rouleau, avait confessé que pour elle, c’était “la fin et l’échec” des négociations. Dans un baroud d’honneur, Martin Schulz, du Parlement européen, avait rencontré les deux samedi matin, histoire de sauver ce qui pourrait l’être. Côté Magnette, il a persisté dans son refus apparemment…

La Flandre a donné son feu vert à l’accord de libre-échange, et c’est elle qui est concernée au premier chef: 90% des exportations belges vers le Canada sont flamandes, 98% des importations du Canada en Belgique arrivent en Flandre. On comprend du coup bien pourquoi Marianne Thyssen (CD&V) déclare ce matin que “si la Wallonie ne dit pas oui, ça va poser problème.” D’autre part, Elio Di Rupo (PS) a dit, plus ou moins au même moment que “un accord d’ici jeudi, ce n’est pas possible”. De part et d’autre, on campe donc fièrement sur ses positions.

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