Le bilan du G7 sur l’Amazonie: une crise politique

epa

Le Brésil a officiellement rejeté l’aide du G7. Cette séquence qui a vu le président français et son homologue brésilien s’écharper mène finalement à une crise politique majeure. En attendant, les feux continuent de progresser.

“Nous remercions (le G7 pour son aide), mais ces moyens seront peut-être plus pertinents pour la reforestation de l’Europe”: cette phrase prononcée par le chef de cabinet du président Jair Bolsonero résume assez bien la position du Brésil à l’issue du G7.

La France, par l’intermédiaire d’Emmanuel Macron, a d’abord accusé Jair Bolsonero “d’avoir menti” sur sa volonté de stopper la déforestation, tout en s’opposant ensuite “à l’accord du Mercosur en l’état”, un traité de libre échange qui doit être scellé entre le Brésil et l’UE. Une attaque frontale et finalement la seule décision concrète issue de ce G7. “Notre Maison brûle”, avait tweeté le président français.

Entre néocolonialisme et attaques indignes

Au Brésil, cela a été perçu par les pro Bolsonero, et sans doute au-delà, comme du néo-colonialisme. Pour les Brésiliens, l’Amazonie, située principalement sur leur territoire, leur appartient. Elle regorge de ressources et le Brésil n’est pas prêt à prendre une leçon de la par de pays qui ont tous, à un moment de leur histoire, détruit leur forêt ou sacrifié leur biodiversité. Les Occidentaux ont parfois du mal à se mettre à la place de celui qui reçoit la leçon, car on la leur fait très rarement. Et quand on sait que de nombreux pays européens, dont la France, importent du soja du Brésil, le niveau de crédibilité en prend forcément un coup.

La crise politique est aussi devenue une crise diplomatique entre le Brésil et la France. Un ministre brésilien ne trouvant pas mieux que de traiter Emmanuel Macron de “crétin opportuniste” sur Twitter. Bolsonaro s’est lui contenté d’attaquer le physique de Brigitte Macron, ce qui lui a valu une cinglante réponse de la part du président de la République. Il est clair que le populisme a pris le pas au pays de la Samba. Mais avant de répondre à Macron, les dirigeants brésiliens parlent surtout à leur peuple.

1000 nouveaux foyers

Le Brésil a donc rejeté l’aide assez dérisoire de 20 millions d’euros pour l’aider à lutter contre les incendies. 20 millions pour les 7 États les plus puissants de la planète, c’est une paille. À titre de comparaison, DiCaprio a promis 5 millions de dollars à lui seul.

En attendant, les feux continuent de progresser malgré la présence de l’armée et le déploiement d’avions. S’il est vrai que Bolsonero a mis du temps à mesurer l’ampleur du défi face à lui, quelque 1000 incendies sont venus s’ajouter entre samedi et dimanche, estime l’Institut national de recherche spatiale.

CNN a pu prendre des images exclusives de la situation sur place. Une vue aérienne qui fait froid dans le dos. La jungle est consumée par une ligne de feu interminable. Une autre vidéo prise d’un drone et proposée par le Guardian montre elle l’ampleur des dégâts après le passage des flammes.

Articles sponsorisés