La pollution de l’air est plus néfaste pour nos poumons qu’on ne le pensait

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Une nouvelle étude publiée dans le European Respiratory Journal montre que nos poumons vieillissent plus vite et que les risques de “maladie pulmonaire obstructive chronique” (MPOC) sont bien plus importants.

On savait que la pollution de l’air était néfaste pour notre système respiratoire mais pas vraiment dans quelles proportions. L’étude, relayée par CNN, révèle que pour chaque tranche supplémentaire de 5 microgrammes par mètre cube de particules fines à laquelle une personne est exposée en moyenne sur un an, ses poumons vieillissent de deux ans supplémentaires par rapport à un vieillissement naturel.

  • Résultat: nos capacités pulmonaires diminuent et entraînent une hausse des MPOC.
Dalhousie University, Aaron van Donkelaar (2001-2006)

Les particules fines, c’est quoi?

Les particules fines sont parfois naturelles, mais le plus souvent artificielles. Elles pénètrent au plus profond de notre organisme en y acheminant des polluants. Elles peuvent prendre la forme de saleté, de poussière, de suie ou de fumée et proviennent pour la plupart des centrales à charbon et au gaz naturel, des voitures, de l’agriculture et des chantiers en construction.

Dans les zones les plus polluées du globe, les chercheurs ont trouvé que le nombres de cas de MPOC était quatre fois plus élevé que pour une personne vivant avec des fumeurs et seulement deux fois moins élevé que pour une personne fumeuse.

Les maladies pulmonaires obstructives chroniques sont un terme utilisé pour rassembler les maladies pulmonaires qui bloquent la circulation de l’air et provoquent des difficultés respiratoires. C’est la 3e cause de décès dans le monde. Selon l’Agence européenne pour l’environnement, un citadin européen sur trois vit dans un environnement qui ne respecte pas les normes préconisées.

300.000 participants

Pour établir leur constat, les chercheurs ont utilisé les données de la UK Biobank. Elle contient les données de plus de 300.000 personnes. Plusieurs tests ont été effectués par les participants afin de déterminer leur capacité pulmonaire réelle. L’étude s’est ensuite étendue entre 2006 à 2010 en tenant compte des niveaux de pollution de l’air les plus élevés, des capacités respiratoires de chacun, mais aussi en fonction de l’activité de chaque participant ou de son exposition à la fumée de cigarette.

Pour eux, la pollution atmosphérique à cet impact sur les poumons, car elle provoque une inflammation des poumons, ce qui entraine le rétrécissement des voies respiratoires et rend mécaniquement la respiration plus difficile. Cette pollution de l’air augmente aussi les risques de maladies cardio-vasculaires et le nombre de cancers des poumons.

La pollution étant croissante et aggravée par la crise climatique, les scientifiques pensent que le nombre de cas de MPOC devrait augmenter “considérablement” au cours des dix prochaines années.

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