La France durcit la répression anti-casseurs: « les Français veulent de l’ordre »

La France durcit la répression anti-casseurs: « les Français veulent de l’ordre »

Suite aux dérapages violents survenus durant les manifestations de ce week-end, en France, le Premier ministre français Edouard Philippe a annoncé un durcissement de la répression. Une future loi contre les casseurs et les manifestations non déclarées devrait voir le jour.

« Dans bien des villes de France, les manifestations se sont passées pacifiquement, mais nous ne pouvons pas accepter que certains profitent de ces manifestations pour déborder, pour casser, pour brûler. Ceux-là n’auront jamais le dernier mot dans notre pays », a affirmé le Premier ministre français Édouard Philippe durant le JT de 20 heures sur TF1.

Il faisait référence aux heurts qui se sont déroulés ce week-end dans de nombreuses grandes villes de France. À Paris, on a par exemple vu un ex-champion boxer des CRS, des Gilets jaunes défoncer l’entrée du ministère de l’Intérieur avec un monte-charge et une péniche cramer. Ces images ont marqué l’opinion publique et incité plusieurs membres du gouvernement français à réclamer une répression plus sévère à l’encontre des manifestants.

80.000 policiers

Édouard Philippe veut ramener le dispositif de sécurité au stade où il est était avant les fêtes de fin d’année. 80.000 policiers et gendarmes devraient être déployés dans toute la France le week-end prochain, a-t-il fait savoir au journal de 20 heures. « Nous sommes convaincus que les Français veulent de l’ordre. Ils veulent le calme », assure-t-on au cabinet du Premier ministre (Matignon).

Ce désir de renforcer le dispositif de répression trouve écho chez le ministre de l’Intérieur français. Lors de ses voeux aux forces de l’ordre à Paris, Christophe Castaner a envoyé: « À l’ultra violence, nous opposerons l’ultra fermeté ». Les policiers devraient recevoir de nouveaux équipements, comme des blindés modernisés et des canons à eau.

Ficher les casseurs

Outre le matériel de lutte, c’est également la surveillance des casseurs que Matignon cherche à renforcer. Un dispositif similaire à celui servant à suivre les hooligans devrait être mis en place pour empêcher les casseurs d’intégrer les mouvements de protestation. Ce dispositif consisterait principalement à ficher les personnes suspectes pour pouvoir leur interdire l’accès aux manifestations.

Et si le casseur détruit quelque chose? Il devra payer. Le gouvernement français veut trouver un moyen d’obliger le casseur à rembourser les frais de réparation, en cas de dégâts. Tout cela n’est encore qu’au stade de proposition: ce projet de loi doit encore être approuvé à l’Assemblée nationale dans les semaines qui suivront mais il témoigne de cette préoccupation ministérielle de répondre avec la plus grande fermeté à un mouvement sur lequel il n’a aucune emprise.

Pour certains, cette loi a des airs de déjà-vu

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