La FGTB se débat contre l’arc-en-ciel, mais le MR est dans un fauteuil 

La FGTB se débat contre l’arc-en-ciel, mais le MR est dans un fauteuil 

En Belgique francophone, le MR est dans un fauteuil: depuis l’abandon du cdH de faire partie de la majorité, les libéraux sont devenus indispensables pour former une coalition en Wallonie et à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Autrement dit, le MR est sur tous les fronts puisqu’il peut également former des coalitions à Bruxelles et au fédéral. Mais c’est sans compter sur l’union syndicale. 

En Belgique, vous pouvez gagner les élections, mais perdre les négociations. C’est ce qui est arrivé au MR en 2014: malgré un progrès significatif dans les urnes, Elio di Rupo (PS) avait froidement écarté les libéraux d’une majorité à Bruxelles, en Wallonie et à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Au niveau fédéral, la suédoise avait vu le jour, le seul niveau de pouvoir où le MR avait pu faire quelque chose, mais en tandem avec la N-VA.

Aujourd’hui, cinq ans plus tard, le MR a perdu les élections en Belgique francophone. Mais malgré tout, la situation est particulièrement avantageuse pour les libéraux grâce à la décision du cdH de se retirer de toute majorité. Car désormais, les coalitions sans le MR sont pratiquement impossibles à mettre en place. Le MR est donc dans un fauteuil et attend le PS venir.

Les socialistes francophones, eux, ont clairement les yeux rivés vers la gauche. Une attitude en adéquation avec leur stratégie durant toute la législature et la campagne: critiquer sauvagement le gouvernement MR-N-VA du Premier ministre Charles Michel (MR). Aussi, plusieurs syndicalistes sont apparus sur les listes socialistes pour tenter de contenir la vague rouge vif du PTB.

Résistance de la branche syndicale

La FGTB, le syndicat socialiste francophone, sent déjà le coup venir: le PS va devoir travailler avec le MR pour créer une coalition arc-en-ciel. C’est une configuration qui pourrait bien fonctionner également au fédéral, complétée ou non avec DéFI et le CD&V. Cela donnerait une majorité réalisable et des coalitions homogènes dans toute la Belgique francophone et au niveau fédéral.

Mais la FGTB s’y oppose: le syndicat veut que le PS se tourne vers la gauche et le PTB. Rien de surprenant: les membres de la FGTB ont sans doute voté pour le PTB aux dernières élections et plusieurs membres du parti “de gauche radicale” font d’ailleurs partie du syndicat socialiste. Il est donc normal que la FGTB pousse le PS à former des coalitions beaucoup plus à gauche de l’échiquier politique. Le syndicat est d’ailleurs déjà passé à l’action en rencontrant les formateurs bruxellois Laurette Onkelinx (PS), Rudi Vervoort (PS) et Elke Van den Brandt (Groen).

Car à Bruxelles, les libéraux francophones sont beaucoup moins indispensables qu’en Wallonie. En effet, une coalition est également possible entre le PS, Ecolo et DéFI. Mais la question est de savoir si le MR acceptera une telle proposition car son objectif est bien d’être présent à tous les niveaux de pouvoir.

Quoi qu’il en soit, le PS travaille de manière très disciplinée pour le moment: personne ne va plus vite que la musique et aucune déclaration hasardeuse ou maladroite n’est à déplorer. Onkelinx et Vervoot continuent leur job de formateur à Bruxelles et vont rencontrer les partenaires sociaux. Il est possible que tout se joue en Wallonie: les formateurs Elio di Rupo et Paul Magnette (PS) peuvent faire rapidement avancer les choses. S’ils décident de s’allier au MR, cela pourra enclencher tout un mouvement à tous les niveaux de pouvoir.

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