La famille d’un ex-rebelle angolais attaque Call of Duty en justice

La famille d’un ex-rebelle angolais attaque Call of Duty en justice

Les enfants de l’ex-rebelle angolais Jonas Savimbi, décédé en 2002, estiment que Call of Duty représente leur père comme un “barbare”. C’est la première fois qu’un jeu vidéo est attaqué pour diffamation en France.

C’est un procès tout particulier qui avait lieu ce mercredi 3 février à Nanterre. Le géant du jeu vidéo américain Activision Blizzard, éditeur de Call of Duty, était accusé de diffamation à l’encontre de Jonas Savimbi, chef nationaliste angolais qui revendiquait l’indépendance totale de l’Angola et décédé en 2002.

À l’époque de la Guerre Froide, cette figure de la rébellion angolaise était l’alliée des États-Unis face aux communistes du Mouvement populaire de libération de l’Angola.

Le personnage de Savimbi apparaît dans une séquence de l’opus Black Ops II de Call of Duty, sorti en 2012. Il y coordonne un assaut contre des troupes ennemies. La séquence en question a choqué ses enfants: le jeu “réduit l’image de papa à celle d’un homme barbare (…) aimant le sang. Mais c’était d’abord un homme politique, cultivé, diplômé de Lausanne”, a déploré Alleluia Savimbi, 38 ans.

EPA

“Il faut les achever”

Le personnage du jeu tient des propos très crus aux yeux de la famille: “il faut les achever”, “tu as tué beaucoup d’ennemis”. Une scène où il égorgerait un soldat poserait aussi question.

Les enfants Savimbi, installés à Paris, demandent réparation à la branche française de l’éditeur de jeux vidéos. Ils ont pourtant essayé de régler cela à l’amiable, sans réponse d’Activision. Selon eux, le contexte est tellement réaliste qu’on a confondu un des Savimbi avec son père virtuel dans une rue angolaise.

Les Savimbi réclament qu’on retire Black Ops II du marché et, accessoirement, un million d’euros de dommages et intérêts. Activision essaie de jouer la carte de la prescription. Dans les affaires de diffamation, il faut porter plainte dans les trois mois. Verdict le 24 mars.

Un air de déjà vu pour Activision

L’ancien dictateur du Panama Manuel Noriega est aussi représenté dans Black Ops II. L’homme d’État n’a pas apprécié non plus se voir assassiner ses propres soldats sans scrupules. Les Etats-Unis ont cependant rejeté sa plainte en 2014, au nom de la liberté d’expression.

Sources: Le Monde

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