La Belgique va-t-elle être la dernière de classe de l’Europe? La Commission pourrait taper sur les doigts de la suédoise

La Belgique va-t-elle être la dernière de classe de l’Europe? La Commission pourrait taper sur les doigts de la suédoise

En bonne maîtresse d’école, la Commission européenne tape sur les doigts des mauvais élèves de sa classe. Et cette fois-ci, au dernier rang, ce serait la Belgique, à cause de son trop grand déficit et de son trop grand optimisme sur ses chiffres.

Personne n’a envie d’aller s’asseoir près du canard boiteux de la classe, surtout si celui-ci est pointé du doigt comme ce que fait la Commission européenne. Elle regarde, tous les trois ou six mois, si tout le monde rentre dans le rang. Ce coup-ci, le verdict de la Commission européenne sur le budget belge est attendu pour la semaine prochaine, mercredi sans doute. Et ce ne sera sans doute pas tout rose.

Avec le budget, c’est limite

Les chiffres qu’avancent Sophie Wilmès, la ministre du Budget (MR) et le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA), ne convainquent pas trop la Commission. La Commission ne croit pas que la croissance économique soit si forte. Et si la croissance est moindre, il y a direct moins de rentrées et plus de dépenses. Le trou dans le budget est déjà là à son maximum: 3%. Ce n’est donc pas tout à fait aussi bon qu’attendu. Le Premier ministre, Charles Michel, s’attendait à une croissance de 1,4% cette année. Mais la Commission européenne misait sur 1,2%. C’est un peu la discussion du verre, que l’on peut voir à moitié plein ou à moitié vide.

Un autre point, ce sont les rentrées et donc là, surtout, le tax shift. Le gouvernement a promis que celui-ci serait neutre d’un point de vue budgétaire: il y aura des réductions d’impôts par endroits mais des augmentations à d’autres, de façon à ce que tout cela s’équilibre. Mais ces nouvelles rentrées ne seraient pas suffisantes, craint la Commission. Idem pour la dette de l’État. Celle-ci est encore vraiment élevée et elle ne diminue pas comme la Commission le voudrait. Elle est à plus de 100% du PIB, elle ne devrait pas dépasser les 60% idéalement, et elle ne devrait commencer à diminuer qu’en 2018.

Le vrai problème, c’est celui-ci

Ce que l’Europe va surtout regarder, c’est le déficit structurel, celui qui reste malgré les mesures « one-shot » et qui ne peut pas être expliqué par une conjoncture particulière. En Belgique, il devrait atteindre 2% du PIB en 2017. Et la Commission voudrait voir une réduction de ce déficit de 0,6% par an, or en Belgique, il a empiré de 0,1%, de 2,6 à 2,7%.

Le gouvernement Michel n’est pas vraiment parvenu à faire fonctionner ses grandes réformes: le nouvel impôt sur les sociétés, l’impôt des plus-values, l’activation de l’épargne… Tout cela est resté au frigo parce que la N-VA, CD&V et l’Open Vld se sont plutôt chamaillés. Tout cela risque bien maintenant de coûter cher au gouvernement.

Mercredi prochain donc la Commission européenne va décider de ce qu’elle fait: ou bien le budget est considéré comme conforme, dans les grandes lignes, et la suédoise peut souffler. Mais la Commission peut aussi décider de placer la Belgique sur la liste des mauvais élèves. Ce serait une grosse claque pour le gouvernement actuel: c’est Di Rupo (PS) et son gouvernement qui étaient parvenus à faire sortir la Belgique de cette liste.

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