La 5G, ce ne sera pas pour 2019 en Belgique

La 5G, ce ne sera pas pour 2019 en Belgique

L’hyper connectivité, indispensable dans le monde de demain, connaît un certain nombre de retards en Belgique. La 5G ne sera pas disponible sur notre territoire en 2019. Rien n’est assuré non plus pour 2020.

La 5G, c’est un débit de plusieurs gigabits par seconde et des connexions 10 fois plus rapides que la 4G. Pour beaucoup, elle est indispensable au monde hyper connecté de demain, à l’internet des objets. Ce flux intense permettra aux voitures autonomes de circuler, de contrôler les caméras intelligentes, de lutter contre les embouteillages, d’assurer la gestion de l’éclairage public ou encore d’activer capteurs anti-incendies. Transport, santé, services, sécurité, énergie… tous les secteurs sont concernés par cette révolution. Celle qui doit rendre nos villes intelligentes.

Cette révolution, elle a d’abord été poussée par la Commission européenne. En février dernier, une sorte de New Deal européen planchait sur 2020 pour intégrer le 5G dans nos villes. Il ne faut pas tarder. De plus en plus de gens sont connectés et il faut pouvoir assurer une fluidité pour tout le monde, en plus de la nécessaire évolution précitée.

Chaque pays tente d’avancer de son côté. En Belgique, on pensait pouvoir mettre sur pied la 5G dès 2019. Non pas pour une commercialisation à destination du grand public, ce qui serait un peu prématuré, mais pour une phase de précommercialisation.

Normes d’émission

Plusieurs obstacles, comme les normes d’émission, ont pu être levés. À Bruxelles, la ministre Frémault (CDH) a fait augmenter les normes de 6 volts à 14,5 vols par mètre. C’est dix fois moins que la limite préconisée par l’OMS. Même si déjà de trop pour certaines associations qui entendent préserver notre bien-être, preuve que la 5G ne fait pas l’unanimité non plus.

De leur côté, les opérateurs commencent à bouger. En décembre dernier, le patron d’Orange a déclaré qu’il lancerait son réseau 5G dès 2019. Un réseau mis en place dans 17 villes européennes, dont Bruxelles.

Mais chez nous, rapporte l’Echo ce vendredi, on a pris du retard. En cause, les divergences d’opinions entre les différents niveaux de pouvoir. La Belgique ne parvient pas à se mettre d’accord sur ce qu’on appelle les enchères des bandes de fréquence (nouvelles et existantes). Elles doivent opérer la répartition du réseau à destination des opérateurs mobiles.

Nouveau blocage

Ces enchères sont hyper importantes, car elles valent pour 20 ans. Il s’agit d’un énorme enjeu pour les entreprises des télécoms. Signé en juin par le fédéral, la Région bruxelloise a freiné le dossier, notamment pour régler les normes d’émission citées plus haut.

L’étape suivante est pour le mois de février. Le dossier sera discuté en phase de concertation. Quel que soit ce qui en ressortira, c’est déjà trop tard pour plancher sur la 5G en 2019, explique à l’Echo Michel Van Bellinghen, président du conseil du régulateur des télécoms (IBPT).

Du côté du nouveau ministre des Télécoms, Philippe De Backer (Open VLD), on planche sur début 2020. Mais ce n’est qu’un minimum. Rappelons que le gouvernement fédéral est en affaires courantes: si le dossier n’est pas soumis au Parlement sous cette législature – les élections ont lieu en mai prochain – le retard annoncé peut devenir « considérable », selon le ministre. Un moyen pour lui de mettre la pression.

Comme expliqué, la 5G sera indispensable pour s’adapter au monde de demain, mais aussi pour notre économie. De manière plus pragmatique, la 5G aura un impact sur le budget de l’État. Les enchères doivent rapporter quelque 700 millions d’euros au minimum selon les estimations.

L’autre grand obstacle réside dans l’absence d’appareils compatibles avec la 5G. Mais là aussi, les grands constructeurs de smartphone passent à la vitesse supérieure et les premiers appareils grand public seront disponibles cette année sur le marché.

5G toute!

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