Kris van Dijck (NVA) démissionne et laisse sa place à la tête du parlement flamand à Filip Dewinter (VB)

Filip Dewinter (VB) EPA-EFE/JULIEN WARNAND

Pris dans une affaire de fraude et de prostitution, Kris Van Dijck (NVA) a été contraint de démissionner en pleine fête de la communauté flamande, laissant sa place à l’une des personnalités les plus controversées du Vlaams Belang: Filip Dewinter.

Comme s’il n’y avait pas assez de rebondissements dans la politique belge. Il a fallu qu’un événement, qui n’a à voir ni avec la formation d’une coalition, ni avec l’élection d’un ex-ministre à la tête d’une institution européenne, vienne rajouter du trouble aux jeux de pouvoirs.

House of (Belgian) Cards

Kris van Dijck (NVA)

En à peine trois heures, le président du parlement flamand Kris Van Dijck s’est retrouvé à devoir démissionner de sa position. Encore une fois, la raison s’éloigne assez des troubles qu’on connait actuellement. Le magazine flamand P-Magazine a révélé dans un article qu’il avait eu une relation avec une prostituée nommée Escort Lynn, et qu’il avait poussé le vice jusqu’à jouer en sa faveur dans un dossier de demande d’indemnisation.

La jeune femme avait effectivement été engagée par la société E-media, qui a rapidement fait faillite. Elle a ainsi soumis un dossier au FFE, le Fonds d’indemnisation des travailleurs licenciés en cas de fermeture d’entreprises, pour obtenir une indemnité de 26.000 €. Elle en recevra au final 5.239.

Kris Van Dijck aurait aidé à ce que son dossier passe plus facilement. Une révélation de P-Magazine avec mails à l’appui dont il se serait bien passé, quatre jours après qu’il ait été arrêté pour conduite en état d’ivresse. Il a, au final, démissionné aujourd’hui.

Filip Dewinter, président par intérim

Il laisse sa place au vice-président du parlement flamand, Filip Dewinter. Une nouvelle forte en ce jour de fête de la communauté flamande. Une fois cette position prise, le golden boy du Vlaams Belang va avoir l’occasion de décider de la “recevabilité des initiatives politiques”, soit leur “introduction au parlement”. Une tâche qui est théoriquement une simple vérification de la concordance d’une proposition de loi ou de décret avec la constitution belge, mais qui inquiète certains quand on connait le passif du personnage.

Ce séparatiste flamand est connu pour ses prises de position fortes et déclarations coup-de-poing controversées. Il a déclaré lui-même qu’il assumait d’être islamophobe et officie au sein du VB depuis les années 80, alors qu’il s’appelait encore Vlaamse Blok.

Cette nouvelle jette un froid sur la N-VA, comme le souligne Bernard Demonty, journaliste au Soir: “Pas de gouvernement flamand, Bart De Wever à l’étranger, un président du parlement épinglé pour conduite en état d’ivresse, puis confronté à une histoire de possible fraude sociale en faveur d’une maîtresse… Le 11 juillet infernal de la N-VA.”

Articles sponsorisés