“Jusqu’à la garde” triomphe aux Césars lors d’une cérémonie dénonçant les violences conjugales

“Jusqu’à la garde” triomphe aux Césars lors d’une cérémonie dénonçant les violences conjugales

Ce vendredi soir, tout le gratin du cinéma français était à réuni à Paris à l’occasion de la 44ème cérémonie des Césars. Niveau palmarès, les films “Shéhérazade” et “Jusqu’à la garde” ont triomphé au détriment du “Grand Bain” de Gilles Lellouche. C’était l’occasion pour les actrices et acteurs récompensés de dénoncer les violences conjugales, une thématique traitée dans les films primés. 

La 44ème cérémonie des Césars était placée sous le signe des violences conjugales, du moins sous le signe de la dénonciation. En effet, c’est le film Jusqu’à la garde, réalisé par Xavier Legrand qui a presque tout raflé dans cette cérémonie. Le long métrage était nommé dans 10 catégories, il a finalement remporté 4 prix: meilleur film, meilleure actrice pour Léa Drucker, meilleur montage et meilleur scénario.

Or, ce film traite habilement des violences faites aux femmes. C’était donc l’occasion pour Léa Drucker, couronnée meilleure actrice, de lâcher quelques mots à ce propos devant l’assemblée: “Je voudrais dédier cette récompense à toutes les Miriam (l’héroïne du film ndlr), toutes ces femmes qui ne sont pas dans une fiction, qui sont dans cette tragique réalité. Je pense à toutes celles qui sont parties, celles qui veulent partir, celles qui ne partiront pas, celles qui auraient dû partir. Je pense à elles.” Selon elle, la violence commence “souvent par les mots, tous ces mots qu’on utilise tous les jours, et on croit qu’ils sont ordinaires. On les utilise sous couvert d’humour, parfois par des effets de groupe. On ne se rend pas compte que ces mots-là sont déjà le début d’une menace et le reflet d’une idéologie et d’une pensée dont on n’a pas forcément conscience.”

Dans ce film, Léa Drucker incarne une mère de famille fragilisée par une relation violente avec son ex-mari. Elle tente alors de se reconstruire et de protéger son fils de son père. Le réalisateur Xavier Legrand, lui, espère que l’on se préoccupe de ce fléau tout l’année et pas seulement le 25 novembre, date de la Journée internationale de la lutte contre les violences faites aux femmes

“Shérérazade”, meilleur premier film

L’autre sensation de la soirée nous vient de Marseille. En effet, le film Shéhérazade raconte l’histoire d’amour entre un caïd et une prostituée. Les deux (jeunes) acteurs principaux, Kenza Fortas et Dylan Robert, ont tous les deux reçu les prix des meilleurs espoirs féminins et masculins. Il faut dire que le réalisateur Jean-Bernard Marlin a réalisé plusieurs mois de casting sauvage en trainant dans les cités marseillaises et à la sortie des prisons. Tout le casting est donc complètement amateur.

Au niveau du meilleur réalisateur, c’est le taulier Jacques Audiard qui remporte le prix grâce à son film Les Frères Sisters, un western franco-américain avec notamment Joaquin Phoenix. “Je suis ému (…) J’admire mes confrères et mes consœurs. Si je fais du cinéma, c’est parce que vous en faites” a-t-il déclaré en recevant son prix.

Au niveau des seconds rôles, c’est Karin Viard qui s’adjuge la version féminine tandis que Philipe Katrine rafle la version masculine pour son rôle dans Le Grand Bain. Cela nous a permis de l’admirer sur scène, lui, ainsi que son excentricité qui le caractérise. Il a d’ailleurs tenu à rendre hommage à la personne qui a inspiré son rôle dans le film.

Kad Mercury

Du spectacle, il y en a eu. Kad Merad a également participé à la cérémonie en tant qu’animateur et il n’a pas pu s’empêcher d’amuser la galerie. Pour ce faire, il s’est amusée à imiter Freddy Mercury qui a marqué malgré lui l’année 2018 grâce au film Bohemian Rhapsody. Il a donc ouvert la cérémonie sous les traits du chanteur de Queen et a souhaité la bienvenue à l’invité d’honneur de la soirée: Robert Redford. Au final, l’acteur vedette de l’Hexagone s’en est plutôt bien sorti dans son costume d’animateur et a au moins réussi à divertir les gens présents dans la salle et devant leur télévision.

Niveau spectacle, il y en avait aussi sur le tapis rouge. Plusieurs actrices ont particulièrement attiré les caméras et les appareils photo. C’est notamment le cas de la Belge Virginie Efira, invitée grâce à son rôle dans Le Grand Bain. So robe a fait très forte impression.

Voici une photo de Virginie Efira hier soir

epa

Voici le palmarès complet de la soirée

  • Meilleur film: Jusqu’à la garde (Xavier Legrand)
  • Meilleure réalisation: Jacques Audiard (Les Frères Sisters)
  • Meilleure actrice: Léa Drucker (Jusqu’à la garde)
  • Meilleur acteur: Alex Lutz (Guy)
  • Meilleure actrice dans un second rôle: Karin Viard (Les Chatouilles)
  • Meilleur acteur dans un second rôle: Philippe Katerine (Le Grand Bain)
  • Meilleur espoir féminin: Kenza Fortas (Shéhérazade)
  • Meilleur espoir masculin: Dylan Robert (Shéhérazade)
  • Meilleur premier film: Shéhérazade (Jean-Bernard Marlin)
  • Meilleur scénario original: Jusqu’à la garde (Xavier Legrand)
  • Meilleure adaptation: Les Chatouilles (Andréa Bescond et Éric Métayer)
  • Meilleur film étranger: Une affaire de famille (Hirokazu Kore-eda)
  • Meilleur film documentaire: Ni juge, ni soumise (Jean Libon et Yves Hinant)
  • Meilleure musique originale: Guy (Vincent Blanchard et Romain Greffe)
  • Meilleure photographie: Les Frères Sisters (Benoît Debie)
  • Meilleurs costumes: Mademoiselle de Joncquières (Pierre-Jean Larroque)
  • Meilleurs décors: Les Frères Sisters (Michel Barthélémy)
  • Meilleur son: Les Frères Sisters (Brigitte Taillandier, Valérie de Loof et Cyril Holtz)
  • Meilleur montage: Jusqu’à la garde (Yorgos Lamprinos)
  • Meilleur court métrage: Les Petites Mains (Rémi Allier)
  • Meilleur film d’animation: Dilili à Paris de Michel Ocelot
  • Meilleur court métrage d’animation: Vilaine Fille d’Ayce Kartal
  • César du public: Les Tuches 3
  • César d’honneur: Robert Redford

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