Journée décisive en Wallonie: qui sera finalement le partenaire du PS?

Journée décisive en Wallonie: qui sera finalement le partenaire du PS?

Alors qu’une coalition PS-Ecolo-cdH partait favorite, le cdH brouille les cartes. Par deux fois, les humanistes ont affirmé qu’ils ne seraient pas contre une cure d’opposition. À moins que ça ne soit un moyen de faire monter les enchères. Le duo Elio di Rupo-Paul Magnette rencontre justement le cdH et le PTB ce lundi.

« Le cdH a été sanctionné aux élections, le signal de l’électeur est de ne pas envoyer le cdH dans des majorités », voilà ce qu’a déclaré Catherine Fonck (cdH) sur le plateau de « C’est pas tous les jours dimanche ». Elle répète ainsi des intentions entendues une semaine plus tôt lors du bureau politique du parti. Carlo Di Antonio, notamment, poussait son parti vers une cure d’opposition.

Cette décision pourrait poser problème en Wallonie. Car dans la perspective d’une coalition PS/Ecolo, il faut un troisième partenaire pour trouver une majorité. Et si ce n’est pas le cdH, on imagine mal le PTB faire l’appoint. Elio Di Rupo a glissé un indice au JT de la RTBF. Il voulait « une coalition la plus progressiste possible » et non pas la plus à gauche possible. Comme pour la N-VA avec le Vlaams Belang au nord du pays, le PS prendrait un risque d’intégrer un parti plus radical. Et ce malgré la demande de la FGTB d’établir une coalition PS/Ecolo/PTB, encore répétée ce matin sur La Première par Thierry Bodson.

Monter les enchères?

On pourrait être assez vite fixé dans la mesure où Elio Di Rupo et Paul Magnette vont rencontrer leurs homologues humanistes ce lundi. Les négociations vont aller bon train: il se dit que le cdH tente de faire monter les enchères en vue des coalitions dans les autres gouvernements. On pense à Bruxelles bien sûr où c’est DéFI qui est le favori pour partager le pouvoir avec Ecolo et le PS. Sans oublier l’exécutif de la Fédération Wallonie-Bruxelles. La majorité PS/Ecolo/DéfI ne suffit pas. Il faudrait y ajouter un certain… cdH.

Le but de Catherine Fonck est aussi de s’adresser aux partisans. Le parti humaniste perd des électeurs à chaque élection. Le discours – « on a tous gagné » – n’est sans doute pas très honnête et la cheffe de groupe à la Chambre a voulu remettre les points sur les i.

Au MR d’en profiter? Ils n’y croient pas trop. Mais si une tripartite n’est pas possible, ils se proposeront au PS, seul duo qui peut récolter une majorité dans le sud du pays. Il pourrait aussi en profiter pour intégrer la Fédération Wallonie-Bruxelles dans une coalition « arc-en-ciel ».

Mais plus tard dans la journée, Maxime Prévot, président du cdH, déclare ne pas partager tout à fait le même constat que sa cheffe de file: « Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions », a-t-il répliqué. Tout devrait se décanter dans la journée.

Faire durer en vue du fédéral?

Mais comme pour Bart De Wever au nord du pays, qui parle avec le Vlaams Belang, Elio Di Rupo pourrait ne pas être pressé pour former une majorité. Personne ne veut refaire la même erreur qu’en 2014: aller trop vite dans les Régions et se retrouver bloqué au fédéral.

Pour rappel, le PS s’était fixé au cdH en Wallonie et avec DéFI à Bruxelles. Le MR en avait profité pour filer au fédéral.

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