“Je n’ai pas le goût du ridicule”: Philippot claque la porte d’un Front national bien malade

“Je n’ai pas le goût du ridicule”: Philippot claque la porte d’un Front national bien malade

Le Front national est en crise, et on ne parle pas ici de couscous. Le numéro 2 du parti d’extrême droite a claqué la porte suite au retrait de ses prérogatives par Marine Le Pen. Elle lui demandait de clarifier sa situation au sein du Front national. Voilà qui est fait.

C’est donc acté. Sur les antennes de Télématin, Florian Philippot a annoncé son retrait du Front national. Depuis plusieurs jours, Marine Le Pen lui demandait de se prononcer sur son avenir au sein du FN.

Demande restée sans réponse: “Florian Philippot, sollicité par mes soins, n’a pas répondu à la demande de mettre un terme au conflit d’intérêts résultant de sa double responsabilité de vice-président du Front national chargé de la stratégie et de la communication et de président de l’association les Patriotes”, a expliqué Marine Le Pen dans un communiqué.

Du coup, elle a pris la décision “de lui retirer sa délégation à la stratégie et à la communication, sans pour autant l’exclure du parti. Une façon d’apaiser les choses et d’espérer, plus tard, un retour de l’enfant prodigue.

Ça ne sera pas le cas: “Je n’ai pas le goût du ridicule et je n’ai jamais eu le goût de ne rien faire. Donc, évidemment, je quitte le Front national”, a précisé Florian Philippot. Mais que se passe-t-il en interne?

Divisé

Suite au cuisant échec de Marine Le Pen face à Emmanuel Macron, symbolisé par l’ultime débat télévisé, Le Front national travaille à sa refondation. Le souci, comme toujours, c’est que le parti est profondément divisé en deux groupes. Les plus nostalgiques, plus à droite, et ceux qui s’emploient à briser l’image d’un parti austère et raciste, plus à gauche, et rassemblé autour de Florian Philippot. Au milieu, Marine Le Pen, qui tente de zigzaguer entre les deux branches pour satisfaire tout le monde.

Une division qui se retrouve aussi dans l’électorat du Front national. Sur ce point, le récent “couscousgate” en est la meilleure illustration.

Un autre symbole de la division: le nouveau mouvement créé en mai par Florian Philippot sous la forme d’une association: Les Patriotes. Une façon de se démarquer de l’échec de Marine Le Pen, tout en ne claquant pas la porte définitivement.

Faut dire que le numéro 2 du parti, qui a contribué à donner une image plus douce au parti, ne s’est jamais vraiment senti accepté par tous. Homosexuel dans un parti conservateur, il était juste toléré par une frange du parti, tant que celui-ci progressait.

Une opposition amorphe

Et ça a bien été le cas. D’élection en élection, Marine Le Pen a brisé plusieurs plafonds de verre. Jusqu’à la terrible désillusion présidentielle. Après cet échec, l’aile droite du parti voulait se replier sur sa ligne identitaire. Mais Philippot n’en voulait pas: “Le FN est en train de changer complètement de ligne, de faire un retour en arrière absolument terrifiant, qui affole des milliers de personnes”, déclarait-il récemment sur CNews. Ce qui devait arriver arriva. Florian Philippot quitte le navire FN.

Un qui doit être content, c’est Emmanuel Macron. Archi majoritaire au Parlement, En Marche ne connait plus qu’une seule opposition: les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon. Le PS est laminé, Les Républicains sont en reconstruction et le Front national est inaudible. Ce nouveau schisme ne devrait pas arranger les choses.

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