#ImpeachTrump: 3 raisons pour lesquelles Trump ne sera sans doute pas destitué

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Hier soir Nancy Pelosi, cheffe des démocrates au Congrès américain, décidait de lancer “officiellement” la procédure de mise en accusation de Donald Trump en vue d’une potentielle destitution. Malgré l’engouement sur les réseaux sociaux, on t’explique pourquoi Trump risque de rester au chaud à la présidence des USA jusque 2020, au moins.

Vouloir faire pression sur le président Ukrainien afin d’espionner Joe Biden, ex vice-président sous Obama et rival présidentiel, aura été la goutte de trop pour Donald Trump. Hier soir, alors qu’il s’affairait à enchaîner déclarations et discours au sommet de l’ONU, Donald Trump a reçu la nouvelle que bien des démocrates attendaient. Nancy Pelosi, cheffe des démocrates au Congrès américain, a officiellement lancé la procédure de mise en accusation du président, en vue d’une potentielle destitution.

Les actions de la présidence Trump révèlent le fait déshonorant que le président a trahi son serment de prise de fonction, trahi notre sécurité nationale et trahi l’intégrité de notre élection.

Nancy Pelosi (démocrate)

Une destitution considère que le président n’est plus apte à servir ses fonctions. Elle peut avoir lieu en cas de condamnation pour “trahison, corruption et d’autres crimes et délits graves”‘, comme le rappelle la constitution américaine. Ici, Nancy Pelosi a officialisé la première étape, en demandant aux six commissions de la chambre basse de se positionner vis à vis de la mise en accusation (ou non) de Donald Trump.

L’initiative est autant applaudie que décriée à travers les réseaux sociaux, respectivement venant d’opposants politiques et soutiens. Les personnalités qui ont déjà témoigné de leur mécontentement vis à vis de Trump se réjouissent, en espérant le voir quitter la chambre ovale d’ici quelques mois. Mais la réalité de cette initiative est toute autre et pourrait bien n’être qu’une énième manoeuvre, peut-être fatale des démocrates, en amont d’élections qui s’annoncent de plus en plus tendues.

Un pari lancé beaucoup trop tôt

De base, les démocrates n’auraient jamais dû lancer cette procédure. Le deal de base, comme le rappelle le New Yorker, était de remplir 3 conditions:

  • “un ensemble de faits faciles à comprendre indiquant que Trump a commis des infractions punissables”, 
  • “que la destitution bénéficie d’un large soutien dans le pays”,
  • “qu’il y ait une chance d’obtenir au moins un certain appui républicain au Sénat, qui rendra le verdict final à l’encontre du président”

Sauf qu’au final, à part un ensemble de faits (et encore), il n’y a pas grand-chose qui permette aux démocrates de s’assurer la destitution. S’ils essuient un échec comme avec le rapport Mueller, qui portait énormément d’espoir quant à cette destitution, il pourrait leur être fatal. On comprend mieux pourquoi Pelosi était récalcitrante à l’idée de lancer les accusations durant l’année. On comprend moins bien pourquoi elle a changé d’avis.

Même arrivée à terme, la procédure de destitution devra conquérir les républicains

C’est l’un des trois points nécessaires pour les démocrates: avoir un soutien des républicains. Si la destitution est lancée, il faudrait en effet que les sénateurs décident de la culpabilité ou non de Trump via un vote. Quota nécessaire: deux tiers.

Politico a récemment mené un sondage afin de savoir si tel quota serait possible et la réponse est un grand non, vu qu’à peine 6% des républicains se prononcent en faveru de la destitution. Même si, comme le New Yorker le pointe, Trump risque de reconnaître les faits accusatoires en lançant un “et alors?”, on se doute que le chiffre ne risque pas de bouger. Bye bye impeachment.

Trump et victimisation, une affaire qui roule

Comme le pointent bien des experts, Trump sait manier sa position de victime face aux accusations des démocrates à merveille. En quelques heures, il a déjà enchaîné trois tweets, accusant ces derniers d’alimenter une “chasse aux sorcières” et un “harcèlement présidentiel”.

Cette position de victime, seul contre tous, c’est ce qui risque de détourner le débat vis à vis de ses mesures et accusations pour se concentrer sur la personne qu’il renvoie et le faire remonter dans les sondages. En gros, cette image risque davantage de le servir pour 2020 que de le desservir.

S’il y a bien quelque chose qu’on puisse accorder à Trump, c’est que derrières des allures de twittos allumé et buté, il maîtrise sa communication comme personne. Une communication qui, alors qu’il était raillé par tous en 2016, lui a valu d’être élu. Lancer cette procédure, c’est lui donner les clés pour faire chauffer les turbines. Sous-entendu, l’opinion publique ne va pas être forcément favorable à une destitution. Et quand on veut être élu, on évite de voter pour une mesure que l’opinion publique n’approuve pas.

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