Gênes: Des familles des victimes, furieuses, boycottent les funérailles d’État

Gênes: Des familles des victimes, furieuses, boycottent les funérailles d’État

Des funérailles d’État seront célébrés à Gênes ce samedi 18 août. Les plus hauts responsables politiques italiens seront présents. Certaines familles des victimes, furieuses contre le gouvernement, ont décidé de ne pas participer à la cérémonie. 

C’est ce samedi 18 août que l’Italie pleurera ces victimes. Des funérailles d’État seront célébrés à Gênes en présence des plus hauts responsables politiques italiens.

18 cercueils couverts de fleurs, dont celui tout blanc d’un enfant, sont placés dans un hall du centre d’exposition de Gênes, qui a été transformé en chapelle ardente pour l’occasion.

“Assassiné”

Certaines familles des victimes préféraient des obsèques privées et ont choisi de ne pas assister à la cérémonie de Gênes. “Mon fils a été assassiné”, a déclaré vendredi sur toutes les ondes italiennes Roberto, le père de l’un des quatre jeunes qui sont morts sur la route de leurs vacances. “Mon fils ne deviendra pas un numéro dans le catalogue des morts provoqués par les manquements italiens (..) Nous ne voulons pas une farce de funérailles, mais une cérémonie à la maison, dans notre église de Torre del Greco”, a-t-il dit.

“C’est l’État qui a provoqué cela, qu’ils ne se montrent pas: le défilé des politiques a été honteux”, réagit la mère d’un des quatre jeunes italiens de Torre del Greco.

Les familles de ces quatre jeunes victimes ont en effet décidé d’organiser leurs propres obsèques ce vendredi 17 août à Torre del Greco, préférant boycotter la cérémonie officielle de samedi à Gênes.

La messe sera retransmise sur écrans géant pour les habitants.

41 morts

Cette journée de deuil survient après l’effondrement mardi dernier du pont autoroutier Morandi à Gênes. Aux dernières nouvelles, cet accident a provoqué la mort de 41 personnes, dix personnes sont encore à l’hôpital, dont six qui sont dans un état grave. Le gouvernement attaque le gestionnaire qui a bâti le pont.

Les secouristes, dont 350 pompiers, sont toujours à la recherche de cinq personnes dans les décombres du pont Morandi.

La faute à qui?

Depuis ce drame, le gouvernement attaque Autostrade per l’Italia, la société concessionaire. Dans un communiqué publié vendredi soir, le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, a précisé qu’ Autostrade per l’Italia avait quinze jours pour apporter des commentaires contradictoires. Il a notamment évoqué le fait que le concessionnaire serait disposé à reconstruire le pont à ses frais.

Le président du Conseil des ministres a aussi fait savoir qu’il comptait à l’avenir contrôler sévèrement les investissements des concessionnaires d’autoroutes. Ils “devront comprendre que l’infrastructure n’est pas une rente financière, mais un bien public”, a-t-il déclaré.

Autostrade per l’Italia, qui appartient au groupe Atlantia, a assuré que ses contrôles de sécurité étaient sérieux. Atlantia a déclaré qu’une reconstruction du pont pourrait “être achevée dans les cinq mois”, une fois le site accessible après la fin des recherches et des relevés d’enquête.

Mais Atlantia a vivement critiqué la sanction gouvernementale décidée “en l’absence de toute certitude sur les causes effectives” du drame.

EPA

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