Enfin! Donald Trump est pour un meilleur contrôle des propriétaires d’armes à feu aux États-Unis

Enfin! Donald Trump est pour un meilleur contrôle des propriétaires d’armes à feu aux États-Unis

Petite révolution, Donald Trump se dit favorable à une amélioration de la loi en vigueur sur les armes à feu. Les discussions sont en cours sur un projet de loi, présenté (et rejeté) en novembre à la Maison-Blanche, qui obligerait les autorités fédérales et locales à mentionner toutes les informations pertinentes (comme les casiers judiciaires) sur les futurs acheteurs dans un fichier spécial. C’est loin d’être suffisant, mais c’est déjà un bon départ.

Au lendemain de la fusillade survenue le 14 février dans le lycée de Parkland en Floride, Donald Trump a allumé une vive polémique au sein de la population. Beaucoup lui reprochaient son discours insipide de réaction à cette terrible attaque. Plutôt que de remettre sur la table le débat sur le port d’armes dans le pays, Trump n’avait fait que parler de la santé mentale du tireur.

Mais il faut croire que le président américain a retourné sa veste. Ce lundi soir, il s’est dit prêt à se joindre à la table des négociations portant sur les restrictions d’armes à feu dans le pays. “Alors que les discussions sont en cours et que des révisions sont à l’étude, le président soutient les efforts pour améliorer le système fédéral de contrôle des antécédents”, a indiqué la porte-parole de la Maison-Blanche Sarah Sanders, dans un communiqué relayé dans la presse américaine.

Un fichier reprenant les éventuels casiers judiciaires

Elle précise que Trump a déjà parlé vendredi dernier avec le sénateur républicain John Cornyn, au sujet d’un projet de loi visant à améliorer le contrôle des antécédents criminels des acheteurs d’armes à feu. Projet de loi qui avait été présenté à l’automne dernier par un groupe de sénateurs républicains et démocrates, mais que la Maison-Blanche n’avait pas soutenu à l’époque.

Concrètement, le texte oblige les autorités fédérales et locales à appliquer la législation existante et à signaler correctement toutes les “informations relevantes” concernant les futurs acheteurs d’armes dans le Fichier national de vérification instantanée du casier judiciaire (NICS). Fichier que les armuriers doivent impérativement le consulter avant de vendre une arme. Il comporte notamment les données contenues dans les casiers judiciaires, tout en mentionnant aussi les éventuels dossiers de violence conjugale.

Pression nationale forte

Jusqu’ici Trump ne s’était jamais montré favorable à une modification de la législation en vigueur. Il faut dire que lors de sa campagne présidentielle, le milliardaire républicain avait reçu un soutien financier, à hauteur de plusieurs dizaines de millions de dollars, de la part de la National Rifle Association (NRA), le principal lobby des armes du pays.

Alors pourquoi ce changement subit? Sans doute parce que la pression était trop forte, vu le tollé national qui a éclaté à la suite de la fusillade de Parkland. Ces derniers jours, les étudiants du lycée en question et d’autres écoles des quatre coins du pays ont rejoint en masse de nombreuses manifestations et marches pour exhorter Trump à réagir. Ce lundi, une centaine d’élèves et de parents se sont même rassemblés devant la Maison-Blanche, en portant des pancartes aux messages percutants “Assez, c’est assez!”, “Suis-je le prochain?”.

Mais il faut toutefois noter que même si cette nouvelle loi passe, elle est totalement inefficace pour prévenir les fusillades comme celle qui s’est produite au lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland. Car l’auteur, Nikolas Cruz, n’avait aucun casier judiciaire. Il n’avait que 19 ans et était un ancien élève de l’école. Il a donc pu acheter ses nombreuses armes tout à fait légalement.

Bref, ce serait un bon début, mais toujours pas suffisant à réduire la prolifération d’armes aux États-Unis.

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