Encore un triste record pour 2016: la forêt amazonienne a subi la plus forte perte forestière depuis 2008

Encore un triste record pour 2016: la forêt amazonienne a subi la plus forte perte forestière depuis 2008

Et voici un nouveau triste record à ajouter à 2016. Cette année, d’énormes surfaces boisées ont été rasées et cela faisait huit ans que les compagnies forestières n’en avaient pas coupé autant. Ce chiffre inquiète terriblement les environnementalistes: quel sera le futur de la biodiversité?

La forêt amazonienne est souvent décrite comme le poumon de la planète. Ses immenses surfaces vertes abritent des milliers d’espèces animales et végétales différentes. Ses arbres absorbent de grandes quantités de CO2. Mais pour combien de temps encore?

Le taux de déforestation dans la forêt amazonienne a de nouveau augmenté en 2016, et ce pour la quatrième année consécutive. La perte de forêt tropicale cette année a été la plus grande depuis 2008, selon les données fournies par l’Institut national brésilien de recherche environnementale INPE.

Entre le mois d’août 2015 et le mois de juillet 2016, environ 8.000 km² de forêt ont disparu. Ce qui est l’équivalent du quart de la Belgique. Ou de la superficie comprise entre Bruxelles, Gand, Liège, Malmedy, Bastogne, Charleroi et Mons. (Voir la carte ci-contre.)

Moins qu’en 1999 mais plus qu’en 2012

Pour essayer de voir le bon côté de cette disparition, il faut se dire que les superficies actuelles sont inférieures à celles qui étaient rabotées dans les années 90, à l’époque où l’écologie n’était pas encore un sujet aussi brûlant qu’aujourd’hui. En 2016, la perte de forêt annuelle est la moitié de ce qui disparaissait en 1999.

Selon l’INPE, cette déforestation s’était bien calmée jusqu’en 2012 mais elle est revenue en force ces quatre dernières années. Entre 2015 et 2016, la déforestation a augmenté de 29%. Pour rester sur un regard positif, on pourrait se dire que ça représente toujours 71% de moins que 2004. Mais b**del, 1/4 de la Belgique, ça fait mal.

Lobby vs militant

Pour Roberto Maldonado, le responsable sud-américain de WWF Allemagne, la principale cause de cette augmentation vient du manque de volonté gouvernementale de lutter contre l’abattage illégal. En 2005, le Brésil avait réussi à réduire fortement la déforestation grâce à un programme très efficace.

“Il a montré au monde entier qu’il est possible de réduire considérablement la déforestation”, a déclaré Maldonado à DW. Mais en 2010, les lobbies agricoles et industriels ont fait pression pour modifier le code forestier brésilien pour qu’il soit plus adapté à leurs intérêts. “Depuis que le nouveau code a été appliqué en 2012, le taux de déforestation a doublé à nouveau”, ajoute Malodonado.

FAO

Perte de la biodiversité

La déforestation a des répercussions sur toute la planète. Le Brésil étant l’un des plus grands émetteurs de gaz à effet de serre dans le monde, cette déforestation entraîne une augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Et comme la forêt amazonienne abrite 10% des espèces animales connues dans le monde, cela cause la disparition d’une partie de la biodiversité.

Les défenseurs de l’environnement font tout pour arrêter l’exploitation forestière, mais savent que sans le soutien du gouvernement, cela est vain.

FAO
iStock

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