En pleine campagne électorale, Trump persiste et signe: “Si vous n’êtes pas heureuses ici, VOUS POUVEZ PARTIR !”

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Le président des États-Unis a de nouveau tweeté de manière compulsive ce lundi soir. Six tweets en tout qui s’en prennent aux démocrates et réitèrent les propos tenus la veille contre quatre élues démocrates issues des minorités. Accusé de racisme, Trump tente de diviser dans la perspective de sa réélection en 2020.

Bref rappel des faits: ce week-end, face aux critiques de 4 élues démocrates issues de minorités, dont la figure montante Alexandra Ocasio-Cortez, Donald Trump leur a tout simplement suggéré de rentrer dans leur pays d’origine, alors que la plupart d’entre elles sont nées aux États-Unis.

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Le président Trump se demande “pourquoi ne retournent-elles pas dans ces endroits totalement défaillants et infestés par la criminalité dont elles viennent pour aider à les réparer”, plutôt que de critiquer l’Amérique.

Tollé général dans le camp démocrate, mais aussi chez certains élus du camp républicain. Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre, exige que Donald Trump retire ses tweets jugés “racistes et xénophobes”.

Alors qu’on pouvait s’attendre à une certaine temporisation de la part du milliardaire, ce dernier a récidivé ce lundi soir. On l’imagine déjà taper frénétiquement avec ses doigts sur son clavier:

“Nous ne serons jamais un pays socialiste ou communiste. Si vous n’êtes pas contentes ici, vous pouvez partir! C’est votre choix, à vous seules. Certaines personnes détestent ce pays…”

Donald Trump, Twitter 15/07/2019.

La stratégie? Diviser…

Faire face à des accusations de racisme est un pari risqué aux États-Unis. Quelle mouche a donc piqué Donald Trump? Le magnat de l’immobilier pense en fait à sa réélection en 2020. Et s’il sait qu’il n’arrivera jamais à convaincre un démocrate de changer de camp, il lui reste à diviser le camp d’en face.

C’est avec cette lecture qu’il faut interpréter ces attaques contre les quatre nouvelles élues, rapidement qualifiées du “Club des quatre”. Elles représentent une certaine ligne politique au sein du parti démocrate. Un courant plus à gauche, qui flirte avec les idées socialistes, presque un gros mot aux États-Unis il y a encore quelques années.

La plus jeune élue de la Chambre, Ocasio-Cortez, avait par exemple comparé en juin les camps de rétention pour migrants construits à la frontière sud des États-Unis à des « camps de concentration ». Elle a également dénoncé dans la foulée une politique américaine « fasciste ». Au sein même du parti démocrate, elle fait grincer quelques dents avec sa volonté affichée de taxer les plus riches, un sujet relativement tabou outre-Atlantique. Joe Bidden en personne, ex-Vice président et candidat à l’investiture démocrate, était monté au front. Pour lui, une candidate trop à gauche n’a aucune chance de gagner la présidentielle.

“Anti-israéliennes”

Ilhan Omar et Rashida Tlaib, les deux premières femmes musulmanes élues au Congrès, sont elles régulièrement accusées d’antisémitisme depuis qu’elles ont annoncé leur soutien à une campagne internationale de boycott d’Israël (BDS).

Trump n’a pas manqué d’y faire référence dans ses tweets: “Elles sont anti-israéliennes, pro al-Qaeda, et commentent les attaques du 11 septembre ‘certaines personnes ont fait quelque chose’. Les démocrates de gauche-radicale veulent des frontières ouvertes, ce qui signifie drogues, crime, trafic d’êtres humains et encore bien davantage…”

Bénéficiant du soutien des suprémacistes blancs, Trump se défend toutefois d’être raciste. Ce n’est pourtant pas la première fois qu’il flirte avec la limite. On se souvient “des pays de merde”, terme qu’il a utilisé pour qualifier certains pays africains, ou encore “il y a des bons des deux côtés” après les heurts de Charlottesville après la manifestation des suprémacistes blancs qui avait coûté la vie à une jeune noire.

Pour Joe Bidden, aussi candidat à l’investiture démocrate pour 2020, aucun président dans l’histoire américaine “n’a été aussi ouvertement raciste”.

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