En cinq ans, la Belgique a creusé son retard sur ses objectifs climatiques

En cinq ans, la Belgique a creusé son retard sur ses objectifs climatiques

Les objectifs d’émission de gaz à effet de serre de 2020 ne seront pas atteints. Pire, la Belgique a creusé son retard par rapport aux objectifs de 2030. Des objectifs issus des Accords de Paris qui doivent en outre être rehaussés.

En Belgique rien n’est simple. D’abord, car on possède 4 ministres responsables du climat. Chacun défend ses intérêts et il a été difficile pour la Belgique d’adopter une position commune. Comme on a pu s’en rendre compte à la Cop 24 de Katowice, en Pologne.

On sait déjà que les Accords de Paris ne seront sans doute pas suffisants pour maintenir la hausse globale des températures en dessous des 1,5°C d’ici 2100. Et pourtant la Belgique est déjà en retard, un retard qui a tendance à se creuser comme nous le montre une analyse chiffrée de l’Echo.

Mais commençons par le positif: la Belgique a fait légèrement progresser sa part d’énergie renouvelable à 9,5% en 2013. L’objectif de 13% pour 2020 est donc encore envisageable. L’installation du parc éolien offshore en mer du Nord devrait y aider. Rappelons que le Plan climat – à défaut de Loi climat – a été décidé en décembre dernier. Il répartit les efforts entre les trois régions, malgré les réticences flamandes pour son économie. Au reste du rayon des bonnes nouvelles, on peut citer aussi notre efficacité énergétique. La Belgique consomme plus d’énergie, mais avec une plus grande efficacité.

Mais concrètement, la Belgique n’arrive pas à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre. En 2017, on recrachait par exemple 0,88% de CO2 en plus par rapport à 2014. Nous sommes sortis de notre bonne trajectoire en 2016 déjà, et encore, les chiffres ne tiennent pas compte des industries lourdes ou des activités maritimes et aériennes, dont les émissions ont augmenté au niveau européen. Globalement, nos émissions ont toutefois baissé de 21% depuis 1990. Pas suffisant, quand on sait que ces émissions sont reparties à la hausse au niveau global l’année dernière.

Du boulot pour la prochaine législature

La question qui tue: les gouvernements ont-ils fait leur boulot sur les cinq dernières années? Si le fédéral a placé la Belgique parmi les pionniers en termes d’installations offshores, les Régions ont avancé à leur rythme. Force est de constater que ce n’était pas suffisant. En février dernier, la Commission européenne déclarait s’attendre “à ce que ce fossé se creuse encore d’ici 2030” entre les objectifs et les résultats.

Nous faisons clairement partie des mauvais élèves de la classe européenne. L’écart entre nos objectifs et nos résultats est le 5e plus important sur les 28 États de l’Union européenne. Des manquements existent dans les alternatives à la voiture, l’efficacité énergétique de nos bâtiments, en plus d’une fiscalité pas assez avantageuse pour encourager les investissements.

Si c’est sous cette législature que les Accords de Paris ont été signés, force est de constater que c’est la prochaine législature qui devra les mettre en pratique, ou tout du moins y apporter un sérieux coup de boost. En sachant que l’objectif est de sortir du nucléaire en 2025, va falloir se mettre au boulot.

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