Elio Di Rupo se donne un mois pour négocier au fédéral et puis laissera sa place de président de parti

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Le président du Parti socialiste a mis son agenda sur la table lors du JT de la RTBF.

Personne n’est éternel, pas même le président du Parti socialiste. Elio Di Rupo ne se cramponnera pas davantage à sa fonction de président de parti. C’est ce qu’il a annoncé hier à la RTBF.

Une date est même fixée: la succession de l’homme au nœud papillon se fera, si tout va bien, le weekend du 19 et 20 octobre, dans un gros mois. D’ici là, le Montois sera “disponible” au fédéral pour accompagner Paul Magnette et Jean-Claude Marcourt face à la clique de la N-VA.

Di Rupo ne compte pas jouer la belle-doche de Magnette

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Son successeur à la présidence du parti est déjà connu. Et il aura longuement patienté. Paul Magnette devrait être le prochain président du Parti socialiste. Sans dévoiler sa préférence, Elio Di Rupo a eu de bons mots pour le Carolo: “Tout ce que je peux dire, c’est que depuis dix ans, je travaille avec Monsieur Magnette. Et même jour et nuit depuis cent jours. J’ai trouvé ses facultés tout à fait remarquables, j’ai été impressionné. Il est une fabrique à solutions. En toutes circonstances, il est positif et tente de trouver une solution. C’est une très grande vertu en politique.”

Presque un discours de passation de pouvoir. Elio Di Rupo ne veut pas jouer la “belle-mère” au fédéral et se retirera à la ministre-présidence wallonne après l’élection au sein du parti, a-t-il promis. Sans doute son dernier grand défi politique, alors que 2024 sonne le glas de la solidarité nord-sud ou en tout cas la fin d’une partie des transferts. La Wallonie continue d’avoir un gros retard économique sur la Flandre. C’est le défi de la prochaine coalition arc-en-ciel en Wallonie (PS-MR-Ecolo).

Open VLD et CD&V devant leurs responsabilités

newsmonkey/Rutten, président de l’Open VLD.

Au niveau fédéral, Jean-Claude Marcourt qui, entre parenthèses, se serait bien vu à la tête de la Wallonie en lieu et place du chef, avait laissé entendre dès jeudi ne pas vouloir faire d’exclusive. Gouverner avec la N-VA? “On verra bien, c’est difficile, on ne peut pas écarter cette possibilité”.

La préférence d’Elio Di Rupo et du parti va toutefois à l’arc-en-ciel, même s’il sait que tout dépendra du choix de certains partis flamands: “Tout va dépendre des partis néerlandophones et notamment du CD&V et de l’Open Vld. La N-VA ne dépend pas des Francophones. Si ces deux partis estiment qu’ils ne peuvent aller au fédéral sans la N-VA, en d’autres termes, ils amènent la N-VA au fédéral…”, a déclaré l’ancien Premier ministre au JT de la RTBF.

Le PS tente d’éviter de porter le poids de la crise. Il négociera avec la N-VA une fois que les autres partis flamands ne lui auront pas laissé le choix. On devra alors s’attendre à une longue crise ou période de négociations. Le PS a fixé ses priorités et pas sûr qu’elles concordent avec celles de la N-VA: baisse de la TVA sur l’électricité, augmentation des pensions, préservation de la sécurité sociale.

La fin d’une époque

Pour l’ancien bourgmestre de Mons (18 ans), l’ex-Premier ministre (2011-2014) et ministre-président wallon (1999-2000, 2005-2007, 2019-2024), l’heure de la retraite n’a pas encore sonné. Son âge (68 ans) ? Accessoire: “Je sors d’une élection où dans la province du Hainaut 125.000 personnes ont directement voté pour moi. Ça veut dire qu’elles demandent que j’assume des responsabilités. L’âge n’a aucune signification. A 75 ans, Churchill a eu son dernier mandat de ministre.”

Mais il s’agira assurément d’un pas de côté de la part du futur ex-président socialiste. La fin d’une époque, tant il aura marqué le jeu politique de son empreinte.

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