Elio Di Rupo (PS) entrouvre la porte à la N-VA et évite le poids de la crise

epa

C’est une annonce surprise en marge des festivités du 21 juillet. Sous pression royale, Elio Di Rupo (PS) s’est dit prêt “à discuter” si son parti “est invité à une table”. Un scénario qui renforcerait la thèse d’une coalition bourguignonne au fédéral, avec la N-VA.

Ce samedi 20 juillet, le roi livre son discours traditionnel pour la fête national. Un discours aux accents politiques où les mots “dialogue” et “coopération” ressortent clairement. Le roi a maintenant de l’expérience et joue son rôle de désarmorceur de crise

À une condition…

Message reçu cinq sur cinq par Elio Di Rupo (PS) lors des festivités du lendemain. Au micro de la RTBF, il ouvre la porte aux discussions: “Le roi souhaite que les femmes et les hommes politiques qui ont des responsabilités se parlent, ce qui est certainement du domaine du possible.”

epa/Didier Reynders (MR), informateur royal.

Mais le président des socialistes pose ses conditions: cette invitation devra être lancée “par les informateurs royaux” (Yohan Vande Lanotte-sp.a et Didier Reynders-MR), dans ce cas, “nous irons discuter”.

Pas question donc de répondre aux nombreux appels du pied des nationalistes et en particulier de Theo Francken (N-VA) qui s’y est déjà pris à plusieurs reprises, en vain.

Quelle conséquence?

Cette porte entrouverte arrive pile-poil au bon moment. La semaine dernière, une note de Bart De Wever (N-VA) fuitait dans la presse. On pouvait y déceler un rapprochement avec les socialistes, notamment par la baisse de la TVA sur l’électricité de 21 à 6%, une marche arrière pour les nationalistes.

epa/Bart De Wever, président de la n-va

Ce double rapprochement renforce la possibilité d’une coalition bourguignonne entre la N-VA, les socialistes et les libéraux. Charles Michel et Willy Borsus (MR) ont d’ailleurs tous les deux indiqué que le discours du roi était un appel “pour avancer”, pour “dépasser les divergences et jeter des ponts”. Les libéraux flamands, par la voix du député Vincent Van Quickenborne (Open vld), ont eux fait savoir que gouverner avec les Verts au fédéral “ne serait pas une option”.

Ce scénario bourguignon aurait l’avantage de mettre les partis flamands en majorité contrairement à l’option arc-en-ciel (socialistes-libéraux-écologistes), mais il ouvrirait la voie à un Premier ministre nationaliste en la personne de Jan Jambon. Et on le sait, la N-VA a des velléités de confédéralisme.

Ne pas porter le poids de la crise

Rien n’est joué donc. Elio Di Rupo (PS) le reconnait lui même: “Il faudra beaucoup de temps”. Le temps de montrer que les deux partis forts du pays sont inconciliables?

En tout cas, par cette ouverture, Elio Di Rupo (PS) empêche le PS de porter à lui seul le poids de la crise au fédéral. Même en cas d’échec, il pourra montrer que son parti a essayé. Il sera alors l’heure de se tourner vers l’arc-en-ciel, le réel objectif des socialistes.

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