Elections en Flandre: le cordon sanitaire autour du Vlaams Belang va-t-il sauter?

Elections en Flandre: le cordon sanitaire autour du Vlaams Belang va-t-il sauter?

Laissé pour mort aux dernières élections de 2014, le Vlaams Belang a fait la plus grosse percée au nord du pays. Le parti d’extrême droite se positionne au 2e rang derrière la N-VA. Toute la question est maintenant de savoir si le cordon sanitaire va être rompu. 

“Le cordon sanitaire doit sauter.” C’est un Filip De Winter triomphant qui est arrivé au QG du Vlaams Belang. L’ancien président du VB parle d’un “dimanche blanc”, tentant sans doute de tordre le cou à tous les analystes qui parlent d’un “dimanche noir” ou de “vague brune”.

Le cordon sanitaire, ce sera tout l’enjeu du scrutin au nord du pays. Du côté de l’Open VLD déjà, les langues se délient: “On doit pouvoir parler avec le Vlaams Belang (…) Il faut regarder si le cordon sanitaire est encore réalisable et utile (…) on ne peut pas nier des électeurs”, a déclaré sur la VRT le libéral Luc Van Biesen.

En effet, selon les premières projections au Parlement flamand, le VB arrive en 2e position derrière la N-VA. Mais quand la N-VA perd 7 sièges, le VB en gagne 16! En fait, parmi les partis de la dernière coalition gouvernementale en Flandre, les trois partis sont en perte de vitesse, avec un CD&V qui fait -9 en termes de sièges et un Open VLD qui fait – 2. En tout, la précédente majorité perd 18 sièges!

N-VA, encore plus incontournable

Reste que ces trois partis peuvent encore former une majorité, certes moins confortable, mais qui reste solide. Mais quel message enverrait-on aux électeurs en mettant au pouvoir uniquement des partis ayant perdu du terrain?

Argument béton. Mais personne ne devrait intégrer le Vlaams Belang dans une majorité si le parti d’extrême droite n’est pas nécessaire. Et ce malgré la grosse pression mise par De Winter: “Il faut une coalition des braves”. Libéraux, nationalistes et mêmes les écologistes et socialistes sont appelés à briser le cordon sanitaire. En ce moment même, des cadres du Vlaams Belang tentent de convaincre en coulisses des membres de la N-VA.

Mais le top de la N-VA ne devrait pas céder. Pas tant pour des raisons idéologiques, mais parce qu’elle est rendue encore plus incontournable par le gros score du VB. En effet, aucune majorité crédible ne peut se dessiner sans elle si on exclut le VB.

Bart De Wever a laissé planer le doute lors de son premier discours, mais c’est sans doute un moyen de maintenir la pression sur les francophones et de ne pas mettre de côté les électeurs du VB juste après leur victoire. Plus tard dans la soirée, Gwendolyn Rutten, présidente des libéraux, a confirmé que son parti ne gouvernera “jamais” avec le VB. Tout comme l’ont déjà fait savoir les autres présidents de parti.

Fédéral: un Dafalgan s’il vous plait

Au niveau fédéral, la N-VA est également en tête, à nouveau devant le VB. CD&V, Open VLD, Groen et sp.a se tiennent dans un mouchoir de poche

Du côté francophone, les réactions pleuvent et interpellent quant à la victoire du VB. Certains appellent à une union des francophones contre les deux partis. Les partis francophones excluront d’office le parti d’extrême droite, mais pour ce qui est de la N-VA, les négociations risquent d’être compliquées avec une Flandre qui tend à droite encore plus que prévu: presqu’un électeur sur deux vote pour des partis nationalistes.

En outre, Bart De Wever a déclaré qu’il ne laisserait pas passer un gouvernement fédéral avec une Flandre en minorité. Comme ce fut le cas avec les francophones lors de la précédente coalition avec l’unique MR.

Reste que la suédoise n’est en tout cas plus possible, même avec un hypothétique appui du cdH. Par ailleurs, aucune majorité n’est possible sans la N-VA, le VB et le PVDA qui mettrait la Flandre en majorité. Il faudra un sacré rassemblement pour éliminer ces trois partis. Les deux démocraties de Bart De Wever se dessinent. “J’espère que le roi a déjà sorti sa dose de Dafalgan Forte du placard”, a conclu le président de la N-VA sur VTM.

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