Ecolo accepte finalement l’invitation du PS pour organiser une rencontre exploratoire avec le MR

Après avoir longtemps laissé le MR sur la touche, Ecolo et le PS vont finalement discuter avec les libéraux. C’est ce qui ressort d’un conseil de fédération des écologistes qui s’est tenu mercredi soir. Ces discussions pourraient donc déboucher sur des coalitions triparties en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Ce mercredi soir, le conseil de fédération d’Ecolo s’est réuni à Namur pour décider si oui ou non le parti devait inviter le MR à la table des négociations. Après de longues discussions “constructives”, les Verts sont passés au vote et les résultats ne laissent planer aucun doute: 40 voix pour, 6 contre et 9 abstentions.

Une rencontre exploratoire à trois partis va donc avoir lieu, après plusieurs semaines où le MR a du ronger son frein. Dans un communiqué, le Parti Socialiste précise que ces discussions pourraient bien déboucher sur des coalitions triparties en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles. Mais on en est pas encore là.

Rencontre exploratoire

On insiste bien sur ce terme de “rencontre exploratoire, comme si cette rencontre n’engageait à rien. C’est peut-être une question d’orgueil ou tout simplement un choix stratégique: le PS ne veut pas se jeter dans les bras du MR et donner aux libéraux l’impression qu’ils sont totalement indispensables à la formation d’une majorité dès lors que le cdH et le PTB ont déclaré forfait. Ce qui est le cas.

Et d’un autre côté, les socialistes ne brusquent pas Ecolo qui était plus réticent à négocier avec le MR, ce qui est compréhensible car en cas de majorité PS-MR-Ecolo, les verts pourraient être éjectés à tout moment puisque les deux premiers partis peuvent former une majorité à eux deux. Ils font donc laisser le temps aux Verts pour réfléchir à long terme et ne pas trop les engager.

Majorité ou opposition?

Alors, un dilemme s’est posé chez Ecolo: faut-il opter pour la majorité ou l’opposition? Un responsable du parti livrait cette analyse au Soir: “Où Ecolo sera-t-il le plus utile pour défendre ses idées sur une question aussi essentielle que le réchauffement climatique ? Une participation à un gouvernement permet évidemment de faire des choses, de peser de l’intérieur. Mais ici, nous serions l’élément faible des coalitions.”

Alors oui, certains membres du parti estiment que siéger dans l’opposition est bien plus malin car le rapport de force avec le PS et le MR est forcément défavorable. Ces membres estiment qu’Ecolo ne pourra jamais peser suffisamment dans les négociations pour imposer ses idées. Mais siéger dans l’opposition serait difficile à comprendre pour les électeurs, surtout en pleine urgence climatique.

Un PS rassurant, un MR exigeant

Heureusement, on dirait bien qu’Ecolo s’est trouvé un allié solide du côté des socialistes. Les deux partis ont accouché de lignes stratégiques communes, liant ainsi leur sort pour la suite des évènements. “On peut effectivement considérer que le PS nous a donné des gages” déclare-t-on chez les Verts, “Mais les textes que nous avons corédigés avec la société civile n’ont pas de force légale. C’est une base de travail. On en revient donc toujours au même constat : nous serions minoritaires dans une coalition.”

Mais encore une fois, le PS se veut rassurant avec les écologistes dans son communiqué. Selon eux, cette rencontre exploratoire servirait à “examiner les élargissements possibles des cohérences déjà construites avec le PS et Ecolo”. Autrement dit, les socialistes signifient qu’ils disposent d’une alliance solide avec Ecolo et qu’ils y tiennent. Il faudra que cette alliance soit effectivement soudée car les exigences des libéraux à la table des négociations risquent d’être nombreuses, eux qui ont été snobés jusqu’à aujourd’hui.

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