Donald Trump propose d’envoyer tous les immigrés clandestins dans des “villes sanctuaires” démocrates

Donald Trump propose d’envoyer tous les immigrés clandestins dans des “villes sanctuaires” démocrates

Donald Trump & Twitter, épisode 543. Le président américain en a gros sur la patate et en veut aux démocrates qui ne veulent pas coopérer avec les Républicains et procéder à des arrestations de grande d’échelle d’immigrants illégaux. Alors, Trump a la solution: envoyer tous les immigrés dans les villes gouvernées par des démocrates. 

Depuis sa prise de fonction, Donald Trump a fait de l’immigration illégale son cheval de bataille. En témoigne le mur qu’il veut construire à la frontière mexicaine. Par contre, il peut compter sur les démocrates pour lui mettre des batons dans les roues. Ces derniers refusant de coopérer et de procéder à des arrestations massives d’immigrés. Ils refusent également de revoir les lois concernant l’immigration, jugées par le président comme “les plus stupides du monde”.

Alors, le président a trouvé un moyen de les vexer, ou pas. Sur Twitter, il a annoncé que les immigrés clandestins seraient envoyés dans des “villes sanctuaires”. Autrement dit, des villes dirigées par des démocrates. “Sachant que les démocrates sont réticents à changer nos lois très dangereuses sur l’immigration, nous envisageons en effet très sérieusement, comme rapporté (par la presse NDLR), de placer des immigrants illégaux dans des villes sanctuaires” écrit-il sur son réseau social préféré.

Là ou c’est surprenant, c’est que le Washington Post expliquait vendredi dans un article, grâce un témoignage d’un responsable de la Maison Blanche, que cette proposition n’était qu’une suggestion qui avait finalement été rejetée. Le président a donc décidé de prendre le contre-pied et de rendre ça officiel. “La Gauche Radicale semble toujours avoir une stratégie de frontières ouvertes (…). Cela devrait les rendre très heureux” a-t-il ajouté sur son compte Twitter. “Nous leur donnerons beaucoup (d’immigrants illégaux). Nous avons une offre illimitée à leur proposer” ironise-t-il lors d’une cérémonie à la Maison Blanche.

Provocation ratée

Les maires de plusieurs grandes villes démocrates n’ont pas tardé à réagir et on peut dire que cette petite provocation du président n’a pas pris sur eux. Eric Garcetti, le maire de Los Angeles a réagi, lui aussi sur Twitter: “La dernière idée haineuse de l’administration Trump n’est rien de plus qu’une diversion superflue et une perte de temps. Nous avons besoin de vraies solutions qui défendent nos valeurs, pas de politiques honteuses qui diabolisent les immigrés.”

Même son de cloche du côté du maire de San Francisco, London Breed: “A San Francisco, nous sommes fiers d’être une ville sanctuaire et nous continuerons à protéger nos habitants.” en ajoutant que le président cherchait “à faire les gros titres et à détourner l’attention des vrais problèmes”. Mais la réplique la plus cinglante provient de la meilleure ennemie de Donald Trump, Nancy Pelosi, la porte-parole du parti démocrate: “Utiliser des êtres humains – dont de jeunes enfants – comme pions dans leur jeu tordu pour alimenter la peur des immigrés est méprisable.”

Tout contre l’immigration

Dès la campagne présidentielle, on savait que l’immigration clandestine serait le cheval de bataille de Donald Trump et ça a bien été le cas. Le mur est au centre de tous les débats au Congrès et les démocrates s’efforcent d’empêcher sa construction. C’est pourquoi Donald Trump a décrété mi-février l’urgence nationale qui lui permet de contourner les parlementaires pour débloquer des financements. Le ministre de la défense par intérim Patrick Shanahan a déjà débloqué un milliard de dollars du budget de lutte contre le trafic de drogue du Pentagone pour la construction d’une section du mur frontalier.

Et mercredi, le Pentagone a indiqué s’attendre à de nouvelles demandes d’assistance de l’administration Trump pour empêcher l’immigration illégale à la frontière avec le Mexique. En plus des 6.000 militaires déployés à la frontière, le Pentagone a chargé le ministère de la santé de trouver des installations militaires susceptibles d’accueillir 5 000 enfants migrants non accompagnés.

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