Didier Reynders en route pour le poste de Commissaire européen

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La Belgique doit communiquer un nom à la Commission d’ici le 26 août. Malgré la bataille des constitutionnalistes qui s’arrachaient les neurones sur la question, le gouvernement en affaires courantes enverra bien Didier Reynders (MR), actuel informateur au fédéral. “Mais de préférence avec le soutien du Parlement”, nous glisse-t-on.

Didier Reynders obtiendra-t-il finalement un poste de premier plan à l’échelon européen? Tout l’indique. Car le gouvernement en affaires courantes Michel II est en train d’accélérer le dossier cette semaine. Bien que le gouvernement minoritaire ne soit soutenu que par 38 sièges sur 150 à la Chambre, il peut faire une proposition à la Commission européenne. La Chambre ne doit pas obligatoirement approuver.

Rencontre à Berlin

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Vendredi dernier, notre toujours en place ministre des Affaires étrangères était à Berlin. Selon certaines sources diplomatiques, il aurait vu Ursula von der Leyen, la nouvelle présidente de la Commission européenne. Le sujet de discussion? Le poste de commissaire. La Belgique (et donc Reynders) y a pris connaissance d’un vent favorable: il n’est pas nécessaire que le poste soit occupé par une femme.

On sait que Von der Leyen aspire à mettre en place une Commission paritaire. Mais de nombreux États européens ont déjà proposé leur candidat. Et tout semble bien s’emboîter pour le libéral. Une source diplomatique nous confirme “qu’un homme pourrait faire l’affaire”.

Cela rend les scénarios qui envoient Gwendolyn Rutten (Open VLD) et Marianne Thyssen (CD&V) beaucoup plus improbables. D’autant que la première ne serait pas intéressée par le poste et la seconde ne veut pas rempiler.

La répartition des points

Un tel job à la Commission européenne coûte en fait des points. Dans l’optique de la formation d’un gouvernement fédéral, la répartition des postes importants se compte comme des points. Chaque parti disposant d’un certain nombre de postes. Le premier parti du pays reçoit généralement la/les fonctions les plus importantes. Un poste de ministre vaut 3 points quand un secrétaire d’Etat ne coûte que 1,5 point. Par contre, la fonction de Commissaire vaut autant de points que le poste de Premier ministre.

Si l’Open vld veut envoyer l’un de ses membres, il perdra de facto de la marge dans un futur gouvernement fédéral. Le parti libéral ne semble pas vouloir perdre de l’influence, tout comme le CD&V d’ailleurs. Doit-on y voir un signe positif en faveur d’un nouveau gouvernement fédéral? Open vld et CD&V comptent bien en être en tout cas.

Au MR, la situation est un peu différente. Et c’est surtout dû à la personnalité et à l’historique de Didier Reynders. Il y a deux mois, il a perdu la bataille pour la présidence du Conseil de l’Europe. Et en 2014, il avait échoué à devenir Commissaire, car Charles Michel, éternel rival, avait obtenu le poste de Premier ministre, coûtant les fameux points au parti. Pour le clan Michel, cette nomination leur permettrait aussi d’amener du sang neuf à la tête du parti. L’actuel Premier ministre doit prendre ses fonctions de président du Conseil européen le 1er décembre. Reynders hors de course, la place est laissée vacante à une nouvelle tête (Wilmès, Borsus, Bouchez?).

Le soutien des socialistes, mais pas de la N-VA

Si un support du Parlement ne semble pas nécessaire, il serait toutefois le bienvenu. C’est pourquoi la tête du MR cherche à bénéficier du soutien des socialistes. Dans cette optique, le duo que Didier Reynders forme avec Johan Vande Lanotte (sp.a) est une aubaine. Un MR qui est aussi en train de négocier avec un certain Elio Di Rupo (PS) en Wallonie. Le soutien des socialistes pour une vieille figure libérale aurait le mérite de renforcer la confiance entre les deux futurs partenaires.

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D’un autre côté, la N-VA n’a bénéficié d’aucun signe de vie dans ce dossier. Le MR ne cherche pas forcément l’appui des nationalistes, on le rappelle, peu fidèles au sein du précédent gouvernement. Mais maintenant à la N-VA, on voit ces alliances avec pas mal de suspicions. Car toute alliance qui se fait sans elle au parlement affaiblit de facto son pouvoir. Surtout quand les socialistes sont concernés.

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