Di Rupo (PS) rêve de son retour au 16: “Un nouveau gouvernement de droite dominé par les Flamands? Inacceptable!”

Di Rupo (PS) rêve de son retour au 16: “Un nouveau gouvernement de droite dominé par les Flamands? Inacceptable!”

Le PS retrouve la confiance. Ce 1er mai, l’ancien Premier ministre Elio Di Rupo (PS) a tenu à montrer à tout le pays qu’il était de retour. Le Montois, maintenant âgé de 67 ans, semble plus ambitieux que jamais. Son objectif: installer un gouvernement de gauche à Bruxelles et en Wallonie mais surtout au niveau fédéral. La question est de savoir si le président du PS deviendra alors le chef de file ou Paul Magnette, qui n’est certainement pas considéré comme un challenger de Di Rupo. 

1er mai: moment traditionnellement choisi par les socialistes pour reprendre du poil de la bête et se remettre en selle. Mais cette année, c’est un peu spécial car dans moins d’un mois, ce seront les élections. Chaque militant doit donc se sentir concerné et les socialistes doivent retrouver leur détermination.

Les rouges n’atteindront sans doute pas les scores historiques qu’ils avaient affichés par le passé, mais ils gardent espoir. Car en Flandre, John Crombez (s.pa) a trouvé son second souffle et son parti fait un bond dans les sondages et espère taper un joli score à deux chiffres lors du scrutin du 26 mai.

Et en Wallonie et à Bruxelles, la même histoire se répète: le PS s’est cassé la gueule en 2014 et a payé le prix du mandat de Di Rupo en tant que Premier ministre. Beaucoup de militants francophones de gauche estimaient que le président du PS était bien trop à droite. Et même si les socialistes ne sont pas au top dans les sondages, il est plus que probable que le PS redevienne le parti le plus important au sud du pays. Et cela dépend énormément d’Elio Di Rupo.

Il faut donc relancer la machine! Il y a de quoi être optimiste puisque les socialistes semblent entretenir de bonnes relations avec Ecolo: des alliances se sont en effet formées dans plusieurs communes du pays. Alors qu’il n’y a eu aucune coalition entre le MR et les verts en Wallonie. Contrairement en Flandre où Groen et l’Open VLD gouvernent conjointement à Gand, Malines ou Ostende par exemple. Le PS semble donc lui aussi surfer sur cette vague verte puisque cela facilitera la formation de coalition de gauche. En Wallonie, il est très probable qu’une telle alliance se forme, comme à Bruxelles d’ailleurs. Au niveau fédéral, une alliance entre socialistes, verts et humanistes n’est pas à exclure non plus.

Revanche pour Di Rupo

Il y a de fortes chances que le futur Premier ministre soit socialiste. Ce serait une sacrée revanche pour Di Rupo qui avait dû céder sa place à Charles Michel au 16. Mais suite aux élections de 2014, les discussions internes au PS ont conclu que le mandat de Di Rupo avait coûté énormément au parti. Le PS, ensuite dirigé par Paul Magnette, avait préféré former de rapides coalitions en Wallonie et à Bruxelles. Résultat: le MR avait décidé de s’allier à la N-VA, contre toute attente.

Au sein du PS, Paul Magnette n’a jamais été tout-puissant. Il n’a d’ailleurs jamais réussi à faire partir Di Rupo de son trône de président de parti. Il a même réussi à se faire éjecter de la majorité en Wallonie, lorsque le cdH a débranché la prise pour s’allier au MR. La relation entre Di Rupo et Magnette est obscure: le président du parti a décidé tout seul que Magnette établirait la liste européenne, et à son insu, il a envoyé un communiqué de presse aux journalistes pour les informer de sa décision.

Il est donc difficile de savoir qui va bientôt contrôler le PS et qui pourrait élire domicile au 16 rue de la Loi. “C’est Magnette que nous attendons”, disent les socialistes flamands. Mais parmi les démocrates chrétiens, qui pourraient devoir négocier une coalition fédérale avec le PS, on opte clairement pour Di Rupo. “Magnette, il est plus à gauche que la gauche.”

FGTB bientôt au Parlement

Lors de ce 1er mai, il est étonnant que le PS se présente comme “le parti du changement”. Pour un parti qui domine la Belgique francophone depuis des temps immémoriaux, il s’agit d’une revendication ferme. Mais bien sûr, tout tourne autour du gouvernement fédéral, qui a mis en place une politique de centre-droit pour la première fois depuis longtemps. Pendant 5 ans, la FGTB a appliqué une résistance farouche face à ce gouvernement de droite et en récolte désormais les fruits: plusieurs dirigeants du syndicat apparaissent sur les listes du PS, dans des lieux éligibles. Si la FGTB n’envoie pas officiellement de consigne de vote, dans les faits, les noms de ses dirigeants étaient cités lors de ce discours du 1er mai.

Le discours de Di Rupo est clair et ferme: “Nous sommes le parti du changement, la condition absolue du changement.” Pour Di Rupo, l’enjeu est de taille: si son PS se vautre une nouvelle fois et perd sa place de numéro 1 à Bruxelles au profit d’Ecolo, sa place à la tête du parti sera de plus en plus remise en cause. Dans cette éventualité, Paul Magnette prendrait vraisemblablement le pouvoir. Mais l’ancien Premier ministre limite pour l’instant les dégâts et prépare son retour, en rêvant évidemment d’un gouvernement Di Rupo II.

EPA

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