Des masques et gants jetables sont en train de polluer la mer Méditerranée pour les centaines d’années à venir

Un exemple des déchets ramassés par des bénévoles de l'ONG Opération Mer Propre. (Isopix)

La crise du coronavirus a fait revenir en force les objets à usage unique. Et parmi eux, les masques et les gants font maintenant partie de notre quotidien et remplissent nos poubelles. Malheureusement, par incivisme ou par négligence, ces déchets se retrouvent bien souvent dans les océans.

Ce lundi 8 juin, c’était la journée mondiale des océans. Le moment idéal pour rappeler à la population de limiter le plastique et de bien trier ses déchets. Selon l’ONU, 13 millions de tonnes de plastique sont déversés dans les océans. Mais cette année, les écologistes ont interpellé les citoyens sur un nouveau fléau: l’utilisation de masques et de gants jetables.

Car l’épidémie de coronavirus n’a commencé que depuis 3 mois, et pourtant les mers et les océans sont déjà remplis de ces nouveaux déchets que nous produisons en masse. L’ONG française Opération Mer Propre a diffusé des images choquantes de l’état de la mer Méditerranée près de la commune d’Antibes.

En peu de temps, le plongeur ramasse une dizaine de gants et de masques. Joffrey Peltier, de l’opération Mer Propre craint que les déchets ‘covid’ comme ils les appellent, augmentent considérablement dans les prochains mois. Pour Laurent Lombard, autre membre de l’organisation, ‘nous courrons bientôt le risque d’avoir plus de masques que de méduses en Méditerranée’. Cette phrase peut-être un peu exagérée – il l’avoue lui-même – donne au moins un aperçu de ce qui se joue actuellement dans nos océans.

Durée de vie: entre 300 et 500 ans

Comme de nombreux déchets plastiques, les masques et les gants mettent très longtemps à se dégrader par eux-même. Les scientifiques estiment leur durée de vie entre 300 et 500 ans. Pendant tout ce temps, ils vont détruire la faune marine.

Tout d’abord, les mammifères tels les marsouins et les dauphins vont confondre ces nouveaux déchets avec de la nourriture et vont s’étouffer. Ensuite, en se décomposant, les masques vont aussi créer des micro-particules, qui seront ingérées par les poissons puis, avec la pêche, par les futures générations d’humains.

Si des mesures sont prises pour diminuer ces déchets – comme l’augmentation des amendes sur les déchets jetés en rue ou des défis pour inciter à ramasser les masques usés qui traînent – la véritable solution est en réalité de diminuer notre production de déchets. Outre le personnel de santé qui a besoin de masques et de gants jetables, les citoyens peuvent simplement porter des masques en tissu et se laver les mains régulièrement à la place de porter des gants.

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