Dernier rush en Wallonie: l’heure de Paul Magnette à la présidence du PS?

epa

Ça y est, les négociations en Wallonie et pour la Fédération Wallonie-Bruxelles sont dans le dernier round. Les négociateurs du PS, du MR et d’Ecolo doivent se revoir cet après-midi pour tenter de boucler l’accord. Un double accord qui pourrait provoquer un jeu de chaises musicales. Notamment à la présidence du PS.

“Au finish”, les négociateurs ont discuté jusqu’à cinq heures du matin ce lundi pour tenter de parvenir à un accord. Charles Michel l’a répété ce dimanche sur les antennes de RTL-TVI: les points de blocage tournaient surtout autour des ventes d’armes et de l’activité des aéroports du sud du pays.

“Nous avons bien travaillé. Nous nous revoyons ce lundi après-midi” , a glissé Stéphane Hazée (Ecolo) à la RTBF. On peut supposer que si les négociateurs ont veillé jusqu’à cinq heures du matin, c’est qu’ils ne sont pas loin d’un accord. Ce lundi pourrait servir à une ultime relecture pour éviter tout malentendu.

Chaises musicales

Mais l’une des grandes questions qui restent en suspens, c’est de savoir qui va mener cette Wallonie. Aucun nom n’a réellement filtré pour l’instant. Certains observateurs ont évoqué Frédéric Daerden (PS) ou encore Jean-Claude Marcourt (PS), mais celui qui récolte la faveur des pronostics n’est autre qu’Elio Di Rupo, président du PS.

epa

Selon Le Soir, il se dit que le Montois pourrait retrouver un poste qu’il a déjà occupé entre 1999 et 2000 et entre 2005 et 2007. Tout en restant à la tête des négociations au niveau fédéral face à Bart De Wever. Une double casquette qui l’obligerait sans doute à faire un pas de côté à la tête du PS. Quoique Charles Michel porte bien une triple casquette de Premier ministre, président du Conseil européen et président du MR.

Mais, toujours d’après Le Soir, une motion en interne prévoit que la présidence du PS sera renouvelée, une fois les gouvernements wallon et de la fédération Wallonie-Bruxelles formés. Nous y voilà presque !

Magnette la patience

Par conséquent, alors qu’il n’est pas directement concerné par le casting ministériel, Paul Magnette pourrait surgir du bois pour enfin reprendre les rênes du parti. La tête du parti socialiste est promise depuis longtemps au bourgmestre de Charleroi, mais Di Rupo a bien du mal à la lui céder.

Dès 2014, alors que le MR file seul au fédéral, les critiques pleuvent sur Elio Di Rupo. Ensuite en 2017, au plus fort de la crise en Wallonie, rebelote. Le coup de Lutgen fait exclure le PS de la majorité. À l’instar du PS français, certains craignent le chant du cygne du parti. Le nom de Paul Magnette revient avec insistance pour redonner des couleurs au Parti socialiste. Il fallait redorer le blason suite à l’éclatement de plusieurs affaires et relancer la machine en vue des élections de 2019.

Mais le Montois fait de la résistance. Il cède son mayorat pour pleinement se concentrer sur les élections régionales et fédérales, tout en conservant son statut de président de parti. Paul Magnette? Il est propulsé porte-parole du PS et joue un rôle dans les négociations wallonnes mais sans plus. Il doit se faire une raison: Elio Di Rupo compte encore beaucoup de soutiens en interne. Une stratégie au final payante: le PS, malgré un score historiquement bas en Wallonie, s’est maintenu en tête dans chaque Région du pays et a la main.

Mais le Carolo attend maintenant le retour de l’ascenseur. Les deux hommes ne sont d’ailleurs pas opposés comme peuvent l’être Michel et Reynders (MR). Leur socialisme est assez proche idéologiquement. La différence se situe plutôt au niveau de leur caractère et aussi sans doute de la stratégie à mener au niveau fédéral. Là où Paul Magnette userait une ligne dure face à la N-VA, Di Rupo est sans doute plus attaché au dialogue pour trouver une solution, coûte que coûte, pour assurer un avenir à ce pays. Ce qu’il fera sans doute donc.

Et maintenant?

Enfin, pour revenir aux négociations en Wallonie et en fédération Wallonie-Bruxelles, il faudra franchir une ultime étape: faire valider l’accord pour les instances des partis. Si au PS et au MR, cette étape ne devrait pas trop poser de problème, c’est beaucoup moins le cas du côté d’Ecolo.

On sait la démocratie vivace au sein du parti Ecolo. D’ailleurs, des voix s’étaient élevées au moment du choix de poursuivre l’aventure avec le duo MR-PS suite à l’échec de la “note coquelicot”. Alors que le duo de coprésidents Nollet-Maouane doit être plébiscité pour le 15 septembre, il se pourrait qu’un gouvernement wallon tombe quelques jours plus tôt, le 12 septembre pour le début des Fêtes de Wallonie.

Articles sponsorisés