Dépose ce téléphone: une dickpic non sollicitée te coûte maintenant 500$ au Texas

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Le Texas avance en matière de lois sur les pratiques numériques. En cible cette fois-ci: les dickpics non-sollicitées, envoyées à des inconnu.e.s ou non.

Il est toujours compliqué d’appliquer les lois aux nouvelles technologies. Peut-être nos grands-parents envoyaient-ils des images intimes par la poste, mais de nos jours, une dickpic arrivée dans ses DMs sans qu’on le veuille, c’est une expérience que peu de personnes recommandent (et qui peut arriver bien plus vite que par carte postale).

Elles sont nombreuses, les personnalités publiques ou non, à recevoir une image de pénis sans jamais l’avoir demandée. Encore pire lorsqu’il s’agit d’une youtubeuse ou streameuse, personnes dont les réseaux sociaux sont le vecteur majeur de communication et qui doivent bien se tenir au courant des messages qu’elles reçoivent.

Au Texas, une nouvelle législation vient de passer pour sanctionner spécifiquement ce genre de messages non consentis. Avec cette loi, le consentement se doit d’être expressif. Même en rencontrant quelqu’un via une application de rencontres, une photographie de pénis envoyée sans qu’il y ait eu une demande de type “Excuse-moi, est-ce que je peux t’envoyer un nude?” suivi d’un “oui” explicite pourra être sanctionnée.

Aux États-Unis, 4 femmes sur 10 ont déclaré avoir déjà reçu des images pornographiques sans leur consentement. En Belgique et en France, on ne dispose pas de telles statistiques, mais le phénomène est tout aussi réel et peut être soumis à une plainte pour harcèlement sexuel.

Balance ta dick pic

Pour lutter contre le phénomène, certains comptes sur les réseaux sociaux encouragent le signalement de profils de “serial dick-pickeurs”. C’est le cas de Balance ton dickpic, qui partage des images (censurées) de messages reçus, transmis en général anonymement à la personne derrière le compte, elle aussi anonyme.

Si au Texas, le cyber flashing (le fait d’envoyer une image dénudée sans consentement) est à présent sanctionné par une amende allant jusqu’à 500$, en Belgique, la loi est moins claire. D’après le site Infor-Jeunes, “Une personne (mineur·e ou majeur·e) qui n’a pas sollicité de photos ou de vidéos d’une autre personne dénudée et qui ne souhaite pas recevoir/envoyer ce type de photos a le droit d’exprimer son refus et de porter plainte contre la personne qui lui a imposé·e cette pratique. Ainsi, en l’absence de consentement, des sanctions pénales peuvent être appliquées et seul·e la·le juge pourra se prononcer sur la peine encourue dans cette situation.”

La jurisprudence est donc de mise, et un jugement au cas par cas. Si certaines préfèrent se tourner vers un genre de “justice sociale” avec des comptes comme Balance ta dickpic, c’est aussi car de telles démarches peuvent coûter temps, argent et ne pas aboutir.

Une telle loi pourrait-elle être possible en Belgique? La justice belge a en effet bien du mal à se mettre à jour au niveau des pratiques numériques. Mais en France, Marlène Schiappa, secrétaire à l’égalité homme-femme, a à coeur de lutter contre le cyber-harcèlement, l’une de ses thématiques majeures. Même si elle ne s’est pas exprimée sur le sujet, la thématique, intrinsèquement liée à son secrétariat, pourrait arriver sur la table et donner quelques idées aux législateurs belges.

En attendant, si au grand jamais tu as un doute sur “devrais-je envoyer cette dick pic?”, tu peux suivre l’infographie ci-dessous. Tu nous remercieras.

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