Démonétisation à outrance et blacklistage: un syndicat de YouTubeurs est-il la solution?

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Un syndicat de Youtubeurs? C’est fait, avec Fairtube, YouTube Union et IGMetall. Reste à mettre tout le monde d’accord et réussir à pousser Google à négocier.

On t’en parlait il y a quelques semaines en évoquant les galères de Mastu, vidéaste de la RedBox victime des démonétisations à outrance de l’algorithme YouTube. Un syndicat allemand de poids s’est associé avec des YouTubeurs pour créer une association et faire peser leurs revendications devant Google.

Aujourd’hui, YouTube fait toujours la sourde oreille face aux demandes des vidéastes, qui sont souvent en proie à des galères financières sans en connaître les raisons quand leurs vidéos sont démonétisées.

Cependant, avec une association à IGMetall, le syndicat le plus vaste en Europe, Google a bien dû tendre l’oreille quand les demandes ont commencé à prendre de la voix.

Des demandes simples mais complexes d’application

Les demandes du syndicat, qui compterait environ 23.000 membres d’après The Verge, sont simples et répondent aux problèmes actuelles des vidéastes:

  • Monétiser les plus petites chaînes
  • Le droit de parler avec une “personne réelle” quand une chaîne va être supprimée
  • Des décisions de modération transparente
  • En finir avec la démonétisation (pas si simple celle-là)
  • En finir avec Google Preferred
  • Un système qui faciliterait la réception de revenus publicitaires
  • De manière générale, clarifier les règles de modération de YouTube

Il n’y a rien de neuf, même si certaines demandes sont audacieuses. En finir avec la démonétisation, ça n’arrivera pas de sitôt, surtout vu que c’est une histoire d’annonceurs plus que de YouTube en lui même. De plus, YouTube ne se considère que comme un “hébergeur” et pas un producteur de contenus avec des employés. YouTube n’est qu’une plateforme dans les déclarations de Google.

Maintenant, entre déclarations et communication, il y a un monde de différence. Comment se considérer comme seule plateforme quand tout le revenu généré repose sur de la création de contenu, pas si “indépendante” quand elle est sujette à des démonétisations? Aussi, avec ses YouTube Rewinds annuels, l’entreprise fait de ses créateurs les plus célèbres sa marque de fabrique, sa vitrine. Alors, cette vitrine mériterait effectivement davantage de considération.

Débats au sein de la communauté

Tout le monde n’est pas du même avis. Certains vidéastes reprochent au syndicat de vouloir “le beurre et l’argent du beurre”. En gros, la liberté de l’indépendance avec les avantages du salariat. C’est le cas de Roberto Blake, vidéaste, entrepreneur et “coach”, d’après sa bio Twitter et son contenu. D’autres, en répondant à son tweet, craignent des mesures prises sans connaître l’univers complexe de YouTube, avec comme résultat des lois à la Article 13, qui endommagent la création libre de contenus.

Il y a effectivement des pour et des contre à la création d’un syndicat. Parmi les plus grands “contre”, certains argumentent que ce que fait YouTube est parfaitement légal. Une entreprise privée n’a pas de compte à rendre à des créateurs qui agissent indépendamment de son infrastructure.

D’un autre côté, “un syndicat n’est pas formé parce qu’un certain genre de traitement est légal: il existe pour remédier et clarifier ce que la loi ne couvre pas”, rappelle The Verge. Pour le coup, sur Internet, les vides juridiques se multiplient constamment.

D’après les syndicats, ils ont eu l’occasion de se rendre à Google Berlin, mais ont refusé de négocier. YouTube ne veut cependant pas négocier. On n’a pas encore eu de nouvelles de cette rencontre. En attendant, il sera difficile de faire avancer les choses si même au sein de YouTube, la question d’un syndicat demeure problématique.

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