Cocktail de stéroïdes et agents secrets: comment la Russie aurait enfumé tout le monde pour se doper à Sotchi

Cocktail de stéroïdes et agents secrets: comment la Russie aurait enfumé tout le monde pour se doper à Sotchi

C’est une véritable bombe qui pourrait exploser à la face du monde du sport. Grigory Rodchenkov, ancien patron du laboratoire antidopage de Moscou, raconte comment la Russie aurait mis au point un système de dopage lors des derniers Jeux Olympiques d’hiver organisés chez elle, à Sotchi, en 2014. Une méthode rodée et l’aide des services secrets, carrément, auraient permis à la Russie de gagner au moins 15 de ses médailles. Bref, un bon gros scandale en vue.

“Nous étions très bien équipés, nous savions ce que nous avions à faire et nous étions parfaitement préparés pour Sotchi, comme jamais auparavant. Cela a fonctionné comme une horloge suisse.”

La confession ressemble à celle d’un militaire, de quelqu’un qui a en tout cas rempli une mission périlleuse. Mais elle est de Grigory Rodchenkov, exilé aux États-Unis après avoir dirigé le laboratoire anti-dopage de Moscou.

Il explique dans le New York Times comment les autorités russes auraient réussi à enfumer tout le monde aux JO d’hiver de Sotchi pour doper certains de leurs athlètes. Et franchement, ce qu’il raconte peut mettre son pays dans une grosse galère.

Cocktail de stéroïdes mélangé à de l’alcool

On se dit qu’en 2016, les méthodes pour choper les sportifs dopés sont infaillibles. C’est presque le cas, sauf quand la Russie joue à domicile si on en croit Rodchenkov. Il explique avoir mis au point un cocktail de trois stéroïdes anabolisants (méténolone, trenbolone et oxandrolone) pour booster les performances des sportifs russes lors de la compétition.

Ce cocktail était mélangé à de l’alcool (whisky pour les hommes, martini pour les femmes): cela permettait de réduire le laps de temps durant lequel les sportifs pouvaient être contrôlés positifs.

EPA

Une trappe secrète dans le labo

Si les sportifs étaient contrôlés, ce qui a dû arriver souvent, les services secrets russes entraient en piste selon lui. Ils intervenaient pour remplacer les échantillons contenant des produits dopants par des échantillons “propres”, datant de plusieurs mois.

Rodchenkov aidait les services secrets à entrer dans le labo pour effectuer le changement: il a notamment montré une photo d’une trappe secrète dans le labo antidopage de Sotchi. Pour appuyer ses accusations, il montre aussi des mails échangés avec le ministre russe des Sports: on peut y avoir le nom des athlètes ayant bénéficié de ce système de dopage.

15 médaillés dopés?

En tout, une centaine d’échantillons d’urine auraient été remplacés durant les JO de Sotchi. Plusieurs dizaines de sportifs russes auraient profité de ce système. 15 d’entre eux auraient même gagné une médaille, comme par exemple Alexandre Zubkov, double médaillé d’or en bobsleigh. Et quand on sait que la Russie a gagné 33 médailles en tout à Sotchi, ça fait quand même beaucoup.

Si on en croit Rodchenkov, contraint de s’exiler après avoir été viré il y a quelques mois, ce système de dopage aurait été mis en place car les autorités sportives avaient une grosse pression: les JO se déroulaient en Russie, alors la Russie devait briller pour montrer sa force au monde.

Bon, comme on pouvait s’en douter, les autorités russes ont vivement démenti ces accusations “absurdes” et “sans fondement” selon Vitali Mutko, le ministre des Sports russe.

L’athlétisme russe déjà visé

Ces accusations viennent toutefois jeté un peu plus le discrédit sur la Russie. Il y a quelques mois, la Fédé russe d’athlétisme a carrément été suspendue par la Fédé internationale après une enquête sur un gros système de dopage.

Pour l’instant, la Russie pourrait donc ne pas présenter de sportifs en athlétisme aux JO de Rio dans quelques mois. La Fédé internationale doit se prononcer sur cette suspension dans les semaines à venir.

Source: New York Times

EPA

Articles sponsorisés