Charles Michel veut une concertation groupée sur les djihadistes de Daesh, mais l’Europe est divisée

Charles Michel veut une concertation groupée sur les djihadistes de Daesh, mais l’Europe est divisée

Tous les ministres européens des Affaires étrangères se réunissent aujourd’hui à Bruxelles. Le retour possible des djihadistes en Europe est à l’ordre du jour. Hier, le président américain Trump a encore mis la pression sur la question. Le Premier ministre Charles Michel se démène pour trouver un terrain d’entente concernant le retour des djihadistes. Mais est-ce possible?

« Les États-Unis demandent à la Grande-Bretagne, à la France, à l’Allemagne et à d’autres alliés européens de reprendre plus de 800 combattants de l’Etat islamique capturés en Syrie et de les traduire en justice. Le Califat est prêt à tomber. L’alternative n’est pas idéale parce que nous serons obligés de les libérer », a tweeté Donald Trump dimanche.

Pour le président américain, la responsabilité se place du côté de l’Europe. Selon lui, son pays fait déjà beaucoup et a déjà dépensé de grosses sommes pour tenter de régler ce problème. « Il est temps que les autres prennent les devants et fassent ce qu’ils peuvent. » Trump a souligné que l’armée américaine quitterait la Syrie dès que le Califat sera tombé.

Ce moment se rapproche. Le mouvement des Forces démocratiques syriennes (SDF), soutenu par les États-Unis, est sur le point de s’emparer du dernier morceau de la zone sous le contrôle de l’Etat islamique. Le mouvement terroriste occupe encore une petite enclave au bord de l’Euphrate, à la frontière orientale de la Syrie.

La France y croit

Les États européens buttent depuis des années sur le dilemme suivant: faut-il accueillir dans leur pays d’origine les djihadistes qui se sont rendus en Syrie ou faut-il tenter de les empêcher de revenir. Trump a affirmé qu’il ne souhaitait pas voir ces combattants revenir en Europe. Mais comment les pays qui sont sous la pression des États-Unis ont prévu de s’organiser pour le retour possible du peuple syrien?

La France semble être le premier pays à répondre à l’appel de Trump. Le gouvernement français se dit prêt à accueillir les djihadistes et leurs familles. Ils commenceront avec des combattants de nationalité française qui sont détenus au nord de la Syrie par les Kurdes. Environ 50 adultes et environ 100 enfants. La France agit de la sorte parce qu’elle estime que si les Kurdes les libèrent, les membres de l’EI n’auront plus à subir leur punition. Les Français pensent qu’il est plus sûr de les ramener en Europe sous surveillance.

Pays-Bas: seulement les femmes

Aux Pays-Bas, le gouvernement n’a pas l’intention d’accueillir les combattants de l’État islamique pour les juger. Cependant, le ministre de la Justice, Grapperhaus, étudie la possibilité de faire revenir des ressortissantes néerlandaises actuellement en Syrie avec leurs enfants. Au début du mois, le ministre a déclaré qu’il en discutait depuis un certain temps avec les autorités kurdes.

Jusqu’à présent, les Pays-Bas ont constaté que les femmes néerlandaises devaient se rendre elles-mêmes au consulat. Mais comme environ 30 femmes et enfants sont emprisonnés dans des camps kurdes, cela n’est pas possible pour le groupe. Au total, selon le service de renseignement extérieur des Pays-Bas (AIVD), au moins 175 mineurs liés aux Pays-Bas séjournent en Syrie et en Irak.

Royaume-Uni: désaccord au sein du gouvernement

Le Royaume-Uni est encore en train de débattre de la meilleure façon de faire rentrer les djihadistes britanniques de Syrie. La politique officielle est de faire juger ces combattants du Moyen-Orient. Les procédures pénales dans leur propre pays sont difficiles selon le gouvernement, car il est difficile de rassembler des preuves de crimes.

Mais la discussion sur le retour semble avoir pris de l’ampleur. Au coeur du débat, il y a le cas de la réfugiée syrienne Shamima Begum, âgée de 19 ans. Elle s’est rendue dans le Califat à l’âge de 15 ans et vient d’accoucher d’un enfant dans un camp de réfugiés syriens. Elle veut rentrer en Grande-Bretagne avec son bébé. La ministre britannique de l’Intérieur a déclaré qu’elle ferait tout pour l’empêcher de revenir. Mais le ministre de la Justice a répondu que quelqu’un comme Begum ne pouvait pas devenir apatride.

Allemagne: plutôt là-bas

Le gouvernement allemand reste assez discret sur la question. Tous les citoyens allemands ont le droit de rentrer, a déclaré un porte-parole du ministère de l’Intérieur. Mais ensuite, ils doivent avoir accès à une assistance consulaire et cela, l’Allemagne ne peut pas le garantir à cause du conflit en Syrie.

Une façon diplomatique d’affirmer que le gouvernement allemand préfère ne pas voir les djihadistes revenir. L’Allemagne craint particulièrement d’augmenter le nombre d’agresseurs potentiels en Europe. La justice au Moyen-Orient est donc privilégiée par les autorités allemandes.

Articles sponsorisés