C’est reparti de plus belle en Amazonie: les incendies ont doublé par rapport à l’année passée

ISOPIX

Les données satellitaires montrent que la région amazonienne a vu son nombre d’incendies doubler en octobre 2020 par rapport à l’année passée. Les autorités brésiliennes sont à nouveau montrées du doigt.

17.326, c’est le nombre d’incendies que les satellites de l’Inpe, l’Institut national brésilien de recherche spatiale, ont compté au cours du mois d’octobre. L’année passée, ‘seuls’ 7.855 avaient été détectés.

Pour les militants écologistes, le coupable est tout trouvé : le gouvernement brésilien de Bolsonaro est accusé de ne pas avoir fait assez pour éviter les incendies. Pour le président, les critiques à l’encontre de son gouvernement au sujet des incendies sont disproportionnées. Les autorités ont pourtant interdit les feux pendant 120 jours. L’armée a également été déployée dans les zones les plus touchées. Mais force est de constater que cela n’a pas suffi.

Selon Mariana Napolitano du WWF Brésil, une partie des incendies semblent être causés par l’humain. ‘Après avoir déboisé la jungle, les contrevenants ont mis des incendies pour nettoyer la matière organique accumulée’, explique-t-elle.

Les chiffres des incendies de cette année 2020 inquiètent particulièrement les scientifiques. 93.485 incendies ont été comptabilisés depuis janvier. Cela représente une augmentation de 25% par rapport à la même période en 2019. À l’époque, la gestion de la forêt amazonienne par le gouvernement Bolsonaro avait déjà été vivement contestée au niveau international. Car près de la moitié de ces incendies se situent au Brésil.

Pantanal

Une autre région brésilienne inquiète aussi les scientifiques : le Pantanal. Il s’agit tout simplement de la plus grande zone humide de la planète composée principalement de prairies et de savane inondée. La faune sauvage aquatique et terrestre y est très particulière et très abondante.

Le Pantanal brésilien (Isopix)

En octobre, 2.856 incendies ont été repérés par les satellites. C’est le plus grand nombre jamais enregistré depuis le début des enregistrements, il y a plus de 30 ans. Toute la biodiversité de la région est en danger.

La saison des pluies approche pour l’Amazonie et le Pantanal, ce qui devrait faire diminuer naturellement le nombre d’incendies après la saison sèche. Mais les écologistes le savent: ils ne peuvent pas compter seulement sur la saison des pluies pour sauver la faune et la flore de la région.

‘Ce qui s’est passé pendant la saison sèche en Amazonie et au Pantanal ne peut pas être répété’, a affirmé avec conviction Mariana Napolitano à la BBC.

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