CD&V ou SP.A? Bart De Wever (N-VA) devrait faire son choix d’ici ce week-end en Flandre

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Après plus d’un mois de pause, Bart De Wever entend bien passer à la vitesse supérieure pour former un gouvernement flamand.

Est-ce que la première table ronde au niveau fédéral a porté ses fruits? En tout cas, selon la RTBF, Bart De Wever devrait faire son choix pour le nord du pays. Le président des nationalistes l’a longtemps retardé en fonction de ce qui allait se passer à l’échelon national.

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En effet, de manière assez paradoxale, la N-VA a encore de l’ambition pour diriger le pays au fédéral. Le tout est de trouver des points communs avec le plus grand parti du sud du pays – le PS – tout en, on l’imagine, reportant les velléités confédéralistes du parti une législation plus loin.

Jeu de domino

Si au nord du pays, la N-VA est indispensable, ce n’est pas le cas au fédéral. Une coalition arc-en-ciel (socialistes-libéraux-écologistes) pourrait se dessiner sans les nationalistes. Mais les deux informateurs royaux l’ont rappelé: la piste privilégiée est maintenant la coalition bourguignonne (N-VA-socialistes-libéraux).

Du coup, Bart De Wever est maintenant face à un dilemme au nord du pays: choisira-t-il le sp.a ou le CD&V en plus de l’Open VLD qui parait acquis? Soit prolonger la suédoise ou entamer une coalition bourguignonne à l’image du fédéral, mais aussi dans ce qui s’est fait à Anvers, ville d’un certain Bart De Wever.

Ce qui est sûr, c’est que John Crombez (président du sp.a), que le bourgmestre d’Anvers doit rencontrer dans la soirée, vendra chèrement sa peau. Mais si Bart De Wever parvient à négocier une coalition bourguignonne au nord du pays, ce serait un sacré pas en avant pour l’échelon fédéral. Bart De Wever pourrait sans doute convaincre plus facilement les socialistes du sud du pays. De son côté, le Vlaams Belang devrait être exclu par le président de la N-VA.

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Puzzles

Mais tout le monde marche sur des œufs. A commencer par le PS. Deux lignes s’y confrontent: celle de Magnette (PS), qui a répété lundi qu’il ne veut pas gouverner avec les nationalistes. Et celle de Di Rupo (PS), davantage pragmatique et plus en adéquation avec sa stature d’homme d’Etat. Magnette prend le pari que la N-VA fait du bluffe et ne veut pas vraiment monter au fédéral. Dans ce cas de figure, c’est bien sûr l’arc-en-ciel qui reviendrait en force. Rappelons que cette solution à l’inconvénient de placer les partis flamands en minorité au fédéral.

Le jeu est rendu encore un peu plus compliqué par les conséquences qu’entraînerait une coalition bourguignonne. Et de ce point de vue, N-VA et PS sont dans le même bateau. L’un est débordé par le VB, l’autre par le PTB. En s’alliant, N-VA et PS risquent de renforcer leurs adversaires directs qui vont pouvoir s’en donner à cœur joie depuis l’opposition. VB et PTB, même si ça reste purement spéculatif, pourraient triompher dans cinq ans, et tout le monde s’en rend compte.

Le puzzle se complexifie encore un peu plus quand on se penche sur le long terme. Nos gouvernements ont besoin d’une solution urgente. La Belgique ne peut se permettre une nouvelle crise de 541 jours sans gouvernement. La N-VA le sait. Avec une crise, elle montre que la Belgique ne fonctionne pas. D’un autre côté, pour obtenir le confédéralisme sur le long terme, elle a besoin des francophones. Car cela requerrait des majorités de deux tiers. Les pontes de la N-VA, divisés, ne s’accordent pas toujours de la bonne stratégie à adopter. La N-VA doit-elle faire changer la Belgique de l’intérieur ou de l’extérieur? En le faisant de l’extérieur, la N-VA se protège du VB, s’allie avec lui, et fait basculer le rapport de force. En le faisant de l’intérieur, la N-VA s’inscrit dans les règles du jeu, mais fera face à son plus grand concurrent. Sans compter que certains membres ont pris goût au pouvoir fédéral comme Theo Francken et Jan Jambon. C’est tout le paradoxe de la N-VA et le fruit de vives tensions au sein du part.

Face à ces deux issues – bourguignonne et arc-en-ciel – il existe une troisième piste. A imaginer que l’on s’enfonce dans la crise, la seule solution possible serait d’aller revoter, histoire de redistribuer les cartes, mais aussi en permettant de réviser des articles institutionnels. Aucun doute que la N-VA a aussi ce plan derrière la tête. Premier élément de réponse ce week-end avec la formation d’un gouvernement flamand.

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